DES PHÉHOMÈNES PÉRIODIQUES. 54
Ces phénomènes sont relatifs aux principales phases de la végéta-tion des plantes usuelles, que tout agriculteur judicieux peut obser-ver, ainsi qu’à la vie et aux habitudes de certaines classes d’animaux,en ayant égard toutefois à une foule de conditions négligées proba-blement parles anciens, et dont on n’a tenu compte que depuis quel’on a apporté dans les expériences et dans les observations cette pré-cision mathématique, sans laquelle il n’est pas possible d’arriver à deslois sur l’exactitude desquelles on puisse compter.
Dans les végétaux l’étude des phénomènes périodiques de la vie or-ganique se compose de trois parties :
1° De la quantité de chaleur nécessaire aux différentes phases dela vie des plantes ;
2° Des calendriers anciens ;
3° Des calendriers modernes.
Nous commencerons par traiter de la quantité de chaleur nécessaireaux différentes phases de la vie des plantes.
On sait que les récoltes ne se font pas aux mêmes époques sous lesdiverses latitudes. La récolte du froment, par exemple, se fait ordinai-rement dans le Midi de la France à la fin de juin et dans les premiersjours dejuillet, tandis que dans les environs de Paris elle a lieu un moisplus tard au moins. Il faut donc moins de temps, dans le Midi, pour faireparcourir à une même plante ses différentes phases que dans nosclimats ; cela tient à ce que le soleil échauffe plus, dans le mêmetemps, le sol du Midi que celui placé sous la latitude de Paris. Ce quise passe dans les serres, où l’on force les plantes, en est une preuvemanifeste, puisqu’on y change les époques de la floraison et de lafructification.
Ces effets ont fait penser aux météorologistes qu’il devait existerpour chaque espèce végétale une certaine somme de chaleur néces-saire pour la faire fleurir et fructifier, et qu’au-dessous, ces deuxgrandes phases de la vie végétale ne pouvaient s’accomplir. Mais la dé-termination exacte de cette somme de chaleur présente des difficultés,comme on va le voir.
Réaumur, en 1765, et depuis Cotte, Adanson, MM. Boussingault, deGasparin, Quetelet, de Candolle, Babinet, ont traité cette question, qu’ilsn’ont pas envisagée sous le même point de vue; ils ont donné des mé-thodes différentes pour effectuer cette détermination.
Réaumur, Cotte. Adanson et MM. Boussingault et de Gasparin ontavancé que, pour trouver la somme de chaleur, il fallait multiplier lenombre de jours pendant lequel la phase de la vie végétale que l’on