Buch 
Des climats et de l'influence qu'exercent les sols boisés et non boisés / par M. Becquerel
Entstehung
Seite
56
JPEG-Download
 

CHAPITRE Y.

56

Il est douteux que les anciens, qui s’étaient peu adonnés à l’artd’observer exactement, aient pris en considération ces diverses con-ditions.

De tous les éléments qui exercent le plus d’intluence sur la végé-tation, c’est, sans.aucun doute, la température; aussi doit-on lamettre en première ligne. Vient ensuite l’humidité ou la quantitéd’eau fournie aux plantes.

Supposons une année normale, et qu’on ait évalué la tempéra-ture, la quantité de pluie, la pression atmosphérique, les vents sousle rapport de leur direction moyenne, et l’état du ciel, toutes cesquantités correspondant à la floraison d’une plante au 1 er mai; ilpourrait se faire qu’une autre année la même plante ne fleurît pas àla même époque, quoique toutes ces quantités fussent les mêmes. Celatiendrait à ce qu’il faut tenir compte encore dans la solution de laquestion d’autres éléments météorologiques, particulièrement de ladistribution de la chaleur, laquelle peut varier à l’infini. Ne voit-onpas souvent une plante sur le point de fleurir s’arrêter subitement,quand la température vient à s’abaisser de quelques degrés, et resterdans cet état pendant un certain nombre de jours, jusqu’à ce que latempérature vienne à remonter ?

Ainsi, on ne saurait donc admettre, comme Cotte, à l’exclusion detout autre élément calorifique, la quantité de chaleur mesurée par lenombre de degrés et qui est nécessaire pour arriver à une des épo-ques précédemment indiquées; le point de départ ou le zéro étanttoujours le moment du réveil de la plante, qui n’a lieu qu’à un cer-tain degré de température. Celte méthode n’est exacte que lorsquetous les éléments qui interviennent sont les mêmes; par exemple, unhiver plus ou moins rude, attaquant plus ou moins la constitutiond’une plante, apporte nécessairement une perturbation dans son dé-veloppement ultérieur. A la vérité, si l’on prend la moyenne d’obser-vations relevées pendant un grand nombre d’années, les différencesen plus et en moins disparaissent ; mais c’est à cette condition-là seu-lement que l’on peut arriver à des résultats tant soit peu exacts. Ilvaut mieux, en cherchant les moyennes, écarter les observationsfaites dans les années à grande intempérie. Les réflexions qui précè-dent montrent qu’il faut avoir égard à trois conditions principales :

1° A l’époque où il convient de compter la température ;

2 ° A la manière dont il faut tenir compte des températures ;

3° A l’état de la plante antérieurement à son réveil.