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Des climats et de l'influence qu'exercent les sols boisés et non boisés / par M. Becquerel
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DES PHÉNOMÈNES PÉRIODIQUES.

Passons en revue chacune de ces conditions.

L’époque où il convient de compter la température est le momentdu réveil de la plante; elle dépend de la durée et des rigueurs de l’hi-ver. L’expérience prouve qu’il faut la fixer quelques jours après lacessation des gelées, quand la sève commence à circuler. On pourraitrecueillir quelques données précises à cet égard en se servant de laméthode que nous avons indiquée pour observer les effets électriquesproduits dans l’intérieur des végétaux pendant lemouvement de la sève.

Il est d’autant plus important de tenir compte des vicissitudes de latempérature, que s’il survient de fortes gelées lorsque la sève a com-mencé à circuler, elles détruisent quelquefois les petites feuilles etles Heurs écloses; dans ce cas, on doit reculer l’époque où l’on compteles températures.

Il peut arriver encore que les gelées ne détruisent rien, mais pro-duisent seulement un temps d’arrêt qui occasionne un retard plus oumoins long dans la végétation.

Quant à la manière dont il faut tenir compte des températures,M. Quetelet pense qu’il faut modifier les idées de Réaumur, deCotte et autres observateurs sur la manière de supputer les degrés detempérature. Suivant lui, la chaleur agit sur la végétation à la ma-nière des forces vives, c’est-à-dire que son action est proportionnelle,non à la somme des simples degrés, mais à celle des carrés de cesmêmes degrés. Par exemple, deux journées d’une température de 10degrés au printemps ne sauraient produire le même effet qu’une seulejournée d’une température de 20 degrés, celle-ci devant donner uneffet double des deux autres, en admettant toutefois l’assimilation del’action de la chaleur à celle des forces vives.

Sans admettre une identité parfaite, on ne saurait disconvenir quedans les cas cités les effets ne doivent pas être les mêmes, l’accrois-sement de chaleur accélérant beaucoup le travail de la végétation.

M. Quetelet, pour soumettre à l’épreuve sa manière de voir surl’influence de la chaleur à l’égard d’une plante, a formé deux tableauxpour chacune des six années d’observations, de 1839 à 1844 compris,l’un contenant la somme des températures, l’autre la somme de leurscarrés. Il a trouvé que le lilas produit ses premières fleurs à Bruxelles,quand la somme des degrés atteint 476 degrés, et celle des carrés deces degrés 4296°.

En admettant ces nombres et cherchant les dates auxquelles ilscorrespondent, on trouve pour les époques de la floraison :