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Des climats et de l'influence qu'exercent les sols boisés et non boisés / par M. Becquerel
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CIIAPITEE V.

plante ne saurait être le même en passant d’une localité à une autre.Si en Angleterre quinze jours séparent les époques de la feuillaison etde la floraison du lilas, en Espagne et en Italie cet intervalle ne serapas aussi long.

3° Les lignes isanthésiques, ou de floraison simultanée, n’ont pointde caractère général ; elles se modifient aux différentes époques de lavie et ont une tendance à se rapprocher des lignes isothermes.

4° Les variations de température, en général, sont, toutes choseségales d’ailleurs, plus favorables qu’une température uniforme pouractiver la végétation ; si l’on prend la somme des carrés des tem-pératures, plutôt que la somme des simples températures, on trou-vera alors une température moyenne plus ou moins efficace, selonqu’elle résultera de variations thermométriques plus ou moins grandes.

Supposons que deux jours de suite la température ait été pourl’un 6° pour l’autre 4° et que, deux jours plus tard, ils aient eu l’un etl’autre une température moyenne de 5°. Dans le premier cas, la quan-tité de chaleur sera représentée, en admettant la méthode des carrés,par 52°, dans le deuxième par 50. On voit alors quelle doit être la dif-férence dans les effets produits.

Un fait cité par M. de Humboldt tendrait à confirmer cette consé-quence : à Berlin, on expose au froid, au-dessus de la température quipourrait leur nuire, les beaux orangers du roi de Prusse, qui, loind’en souffrir, semblent en éprouver des effets favorables.

Passons aux observations :

Les observations sur la feuillaison des plantes ont été faites de 1841à 1844;

Celles sur la floraison, de 1839 à 1844 ;

Celles sur la fructification, de 1841 à 1844;

Celles sur l’effeuillaison, de 1841 à 1844;

La première époque commence immédiatement après le réveil desplantes, c’est-à-dire lorsque la sève commence à circuler avec plus d’a-bondance, et porte la vie dans toutes les parties de la plante.

Il est difficile, comme nous l’avons déjà fait observer, de saisir l’ins-tant précis où cette circulation s’effectue, d’autant plus qu’il n’est pasle même pour toutes les plantes. Autre difficulté; quand elle se mani-feste, il arrive quelquefois que de nouveaux froids l’arrêtent et repla-cent les plantes dans l’état de torpeur où elles étaient primilivement,en détruisant même les premières traces de végétation. On se trouvepar là forcé de choisir un nouveau point de départ.