CUAPIT11E VI.
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uord, eu hiver, il diminue la rigueur du froid du côté opposé; si levent souffle en été du sud, il modère la chaleur du même côté. Le cou-rant d’air qui passe au-dessus de la crête de l’abri ne se mêlant pasimmédiatement [avec la couche d’air au-dessous, il s’ensuit que si lahauteur de l’abri est suffisante, la température moyenne peut en êtremodifiée. Si le [vent souffle horizontalement ou presque horizontale-ment, on conçoit qu’un abri peu élevé puisse garantir une assez grandeétendue de terrain. Quelques exemples serviront à fixer les idées à cetégard. « Dans les plaines d’Orange, dit M. de Gasparin (Cours d'agri-« culture, 1.1, p. 196), le vent du nord, qui franchit les montagnes«du Dauphiné, vient fouetter les terres sous un angle [de 15° envi-« ron ■ d’où il suit qu’une hauteur de 200 mètres préserve un espace« de 2160 mètres, lisière toujours consacrée aux récoltes les plus pré-« cieuscs, et qui craignent le plus le froid. Sous l’influence d’un pareil« abri, la température moyenne de l’année s’élève de plus de 1°. C’est« ainsi que les orangers viennent en pleine terre à Ollioule et à Hyères,«tandis qu’ils ne résistent pas aux hivers de Marseille; c’est ainsi« que la température des lacs de Côme et de Guarda permet de cultiver« l’olivier, qui n’ose se montrer dans les plaines de la Lombardie. »
Nous ajouterons qu’il suffit, dans la vallée du Rhône, où soufflefréquemment le mistral, d’une simple haie de 2 mètres de hauteurpour préserver une distance de 22 mètres. C’est au moyen de sem-blables abris que l’on cultive les pois, les melons et les artichauts,qui ne résistent pas à la violence des vents dans les parties non abri-tées. En formant des abris avec des arbres verts élevés, on garantitde plus grands espaces.
L’orientation, qui n’est autre chose que l’art de choisir l’expositionconvenant le mieux à certaine culture, afin de la soustraire à telle outelle influence locale, se lie naturellement à la question des abris.
L’orientation dépend du climat. Dans les régions extratropicales,où l’ombre a toujours la même orientation, il n’est pas indifférentd’exposer les plantes à telle ou telle exposition. Les terrains très-in-clinés qui regardent le nord reçoivent nécessairement moins de cha-leur et de lumière que les autres terrains : ils conservent donc pluslongtemps de l’humidité. Les sols situés au midi sont, à la vérité,plus exposés à souffrir de la sécheresse ; mais aussi la végétation yfait plus de progrès. Voici quelques conséquences que l’on peut tirerde là :
En Suisse et dans le nord de l’Ecosse, on a remarqué que les pentesdescendent vers le nord, quand elles ne sont pas trop abruptes,