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Des climats et de l'influence qu'exercent les sols boisés et non boisés / par M. Becquerel
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DES CLIMATS.

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§ IX.

Humidité; climats humides et secs; pluies.

Plusieurs questions se présentent ici à résoudre : Quelle est l’in-fluence de l’humidité et des pluies sur les climats? Qu’entend-t-on parclimat humide et par climat sec? L’humidité de l’air, quelle que soitla cause qui la produise, quand elle ne dépasse pas certaines limites,est favorable à la végétation des plantes qui sont éloignées encore deleur maturité. Quant à la pluie, qui est une des causes de l’humidité,elle doit produire naturellement des effets analogues : nous renvoyonsau chap. III, liv. I, p. 25 et suiv., où nous avons déjà traité cettequestion. Il faut d’abord définir ce qu’on entend par climat humide.

M-de Gasparin,qui a étudié à fond cette question, et nous partageonsson opinion à cet égard, pense que l’on ne peut prendre pour base laquantité de pluie tombée dans le cours de l’année, par la raison toutesimple que cette quantité peut être plus considérable dans une contréesèche que dans une autre qui est regardée comme humide : le midide la France et les côtes est de l’Angleterre en sont des exemples. Ledegré d’humidité ne peut être invoqué non plus, puisqu’il est influencépar l’humidité de la nuit, qui est plus forte dans le Midi que dans leNord, et qu’il varie selon que l’hygromètre est placé près du sol, àune certaine hauteur, au nord ou au midi, ce qui se conçoit: les dif-férentes couches d’air, ne possédant pas la même température, n’ontpas le même degré d’humidité. On est donc réduit à prendre l’évapo-ration comme critérium des climats humides ou secs, puisqu’elle esten rapport avec le degré hygrométrique de l’air. On peut dire effecti-vement que deux climats, sous le rapport de la sécheresse, à égalitéde température, sont entre eux comme les quantités d’eau évaporée ;car là où l’évaporation est la plus grande, le climat est nécessairementplus sec. Cela posé, examinons comment l’évaporation a lieu à la sur-face du sol.

Lorsque le sol est mouillé par une cause quelconque, l’eau gagnede proche en proche les couches inférieures par un effet d’imbibition ;en même temps une portion de l’eau qui est à sa surface s’évapore,sans que la couche d’air contiguë ait atteint son maximum de tension,la surface en se desséchant reprenant de l’humidité à la couche infé-rieure, et cette dernière à celle qui est au-dessous; ainsi de suite. Maissi le terrain n’a pas de réservoir inférieur, alors les couches intermé-diaires sont évidemment les plus humides, puisque les dernières cè-