CHAPITRE VI.
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dent sans rien recevoir ; dans ce cas, sous les basses latitudes et mêmesous les latitudes moyennes, le terrain peut être sec.
Si l’on veut étudier méthodiquement l’évaporation, il faut com-parer le phénomène qui a lieu à la surface du sol à celui qui s’opèreà la surface d'une masse liquide, toutes choses égales d’ailleurs. Maiscette comparaison exige certaines précautions dans les expériences.Cotte, en suivant cette marche, avait reconnu qu’avec des vases dematière différente et n’ayant pas la même surface, les résultats n’étaientpas les mêmes ; ainsi l’évaporation était d’autant plus forte que levase était plus petit ; elle variait lorsqu’à égalité de surface les vasesn’étaient pas de même matière.
La cause de ces différences est facile à expliquer ( Traité d'agri-culture, t. II, p. 109) lorsque deuxvasesde grandeur et de nature dif-férente, remplisd’eau, sontexposésau soleil, l’eau dupluspetits’échauf-fera davantage que celle de l’autre, et d’autant plus que la matière duvase sera plus conductrice de la chaleur ; l’évaporation, dans le mêmetemps, ne sera donc pas égale. D’un autre côté, si l’air est agité, lesparois du vase seront sans cesse mouillées par les vagues du liquide,et l’évaporation augmentera, et d’autant plus que le périmètre seraplus considérable comparativement à la surface du liquide.
On obvie à ces deux inconvénients en prenant la moyenne entre latempérature de l’air et celle de l’eau, et en enduisant les parois intérieuresdu vase avec une matière grasse, afin que le liquide ne s’y attache pas.
L’appareil dont M. de Gasparin a fait usage, et que l’on appelleatmidomètre, se compose d’un vase de cuivre étamé, de 10 dé-cimètres carrés, de 50 centimètres de profondeur, et dont les bordsextérieurs sont entourés d’un bourrelet de laine ; à l’un des angles setrouve une pointe rendue mobile au moyen d’une vis, et que l’onabaisse jusqu’à son contact avec la surface de l’eau. Un thermomètre estdisposé de manière à ce que la boule plonge dans la couche supérieuredu liquide. Lorsqu’on veut constater la quantité d’eau évaporée, onabaisse la pointe jusqu’à ce qu’elle affleure la surface liquide: uneéchelle graduée donne l’abaissement du liquide.
Quant à l’évaporation à la surface du sol, on emploie un vase sem-blable au précédent, rempli de lerre dans un état convenable, quel’on enfonce dans le sol jusque près de son ouverture, et on le soumetpendant les diverses phases de l’expérience à des pesées.
Quelquefois pour mesurer l’évaporation de l’eau, on fait usage sim-plement d’un vase que l’on pèse à différents intervalles ; la différencede poids donne l’évaporation.