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Des climats et de l'influence qu'exercent les sols boisés et non boisés / par M. Becquerel
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CHAPITRE VI.

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locales, l’évaporation diminue à mesure que la latitude augmente.Ainsi, à Arles, elle est douze fois plus considérable qu’à Copenhague.

Pour juger de l’influence des pluies sur les climats, il faut com-mencer par indiquer la marche des pluies depuis l’équateur, où l’éva-poration est la plus forte, jusqu’aux pôles, où est la plus faible. Nousprendrons naturellement pour guide M. de Gasparin, qui a publié unexcellent travail sur la distribution des pluies. ( Bibliothèque univer-selle de Genève, 1828, et Cours d’agriculture, t. II, p. 244.)

Sous les tropiques, la saison des pluies, appelée hivernage, est tou-jours celle où le soleil parcourt la portion du zodiaque qui est placéedu côté de la ligne équinoxiale où a lieu cette saison. L’hivernage estdonc, en réalité, l’été de la région tropicale que l’on considère. Lors-que le soleil passe la ligne, la saison des pluies change nécessairementde côté. On explique comme il suit les pluies tropicales •.

Supposons le soleil dans l’hémisphère nord ; il se produit, par suite dugrand échauffement de l’air, un double courant d’air froid inférieur,l’un venant du pôle nord, l’autre du pôle sud ; il y a alors mélange demasses d’air inégalement chargées de vapeurs à des températures dif-férentes, et par conséquent précipitation d’eau et production depluie.

Lorsque le soleil est dans l’hémisphère sud, des effets semblablessont produits par des courants dirigés en sens inverse.

En hiver, la bande équinoxiale nord ne reçoit des vents à tem-pérature uniforme que du pôle nord; il ne saurait donc y avoirde pluie par le mélange de deux courants d’air d’inégale tempé-rature. Néanmoins il y a des pluies dans cet hémisphère, au pointoù les vents du sud supérieurs, étant suffisamment abaissés, se mé-langent avec les courants froids du nord, situés à peu de distance dusol. La pluie est d’autant plus abondante que les vents du haut (sud)sont plus chauds et plus humides, ce qui a lieu en été. En allant del’équateur au pôle, le maximum des pluies doit avoir lieu en été, etelles deviennent d’autant plus fréquentes dans les autres saisons, quel’on approche davantage des pôles.

En continuant à cheminer vers le pôle, on arrive à des régions oùles vents polaires l’emportent sur les vents du sud ; c’est ce qui a déjàlieu au nord des îles Britanniques, en Islande et au nord de la Sibé-rie. Ces vents traversant des régions de plus en plus chaudes, l’airs’échauffe, et sa température s’éloigne toujours plus de celle où ily a précipitation de vapeur; on arrive ainsi dans un climat sec relati-vement aux régions tempérées. On explique ainsi pourquoi sur un