DU CLIMAT DE LA FIIANCE.
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On voit, par ces résultats, que le nombre de jours et de nuits plu-vieux sont entre eux dans le rapport de 100:113 ; tandis que lesquantités de pluie tombée la nuit et le jour sont dans la proportionde 118 : 100 .
D’une année à l’autre, il peut y avoir une très-grande quantitéd’eau tombée : en 1843, par exemple, il est tombé 765 mm ,25, et en1844, 1046 mm ,75, c’est-à-dire près de moitié en plus. 11 suit de là qu’ilfaut un grand nombre d’observations annuelles pour déterminer lamoyenne de la quantité d’eau tombée.
Quant à ce qui concerne l’humidité, M. Hardy fait à ce sujet lesréflexions suivantes : « Tant que le sol conserve une certaine dose«d’humidité, la rosée est abondante; mais quand le vent d’abord,« et le soleil ensuite, l’ont desséché profondément, ce qui arrive vers«la mi-juin, les rosées ne sont plus sensibles que sur les bords des«cours d’eau, des marais et des terrains arrosés. Cet état continue«jusqu’en septembre. Fréquemment il se forme des brouillards, le«matin, au centre des plaines, qui, malgré la sécheresse environ-« nante, conservent encore de l’humidité. Il s’en forme aussi quelque-« fois sur le bord de la mer. Ces brouillards durent peu d’ordinaire;« le soleil de midi les fait disparaître ; mais, dans la Métidja, ils se re-« nouvellent presque chaque matin. »
Pour bien étudier un climat, il faut encore avoir égard a la vé-gétation d’un pays. Or, en Algérie, il y a trois groupes de vé-gétaux frutescents. Le premier, formé d’arbres à feuilles caduques,les peupliers, les aunes, etc., qui stationnent dans les ravins et surles bords des cours d’eau; le deuxième comprend les agavés, les cac-tiers, les palmiers, etc.; le troisième groupe brave les vents, l’ariditédu sol et la sécheresse atmosphérique; il renferme les végétaux à feuillespersistantes, savoir : les oliviers, les phyllyréas, les lauriers francs,les pistachiers, caroubiers, etc., etc. L’étude de la végétation, sousce point de vue dans cette contrée, révèle un fait de climatologieimportant, qui est relatif aux effets du déboisement et du reboisement,et que nous ne saurions nous dispenser de rapporter ici, quoique nousn’ayons pas encore abordé cette question.
Les arbres aborigènes proprement dits croissent plus en largeurqu’en hauteur, et ils ont constamment une cime large et aplatie; s’ilarrive à quelques espèces d’atteindre une grande élévation et de setrouver dans les conditions les plus favorables à leur développement,ces espèces croissent avec vigueur pendant quelque temps; arrivéesà la hauteur des arbres du pays, la cime se dessèche, les branches
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