CHAPITRE VII.
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s’étendent alors horizontalement. O 11 observe des effets de ce genresur des peupliers plantés à Bouffarick, au centre de la plaine de la Mé-tidja, dans des conditions de sol humide qui ne laissent rien à désirerpour cette espèce, et cependant ces arbres sont impuissants à s’éleverau delà de 10 ou 12 mètres. On remarque souvent des sujets qui s’é-lèvent davantage et qui ne paraissent pas encore souffrir par la som-mité; mais ces arbres se trouvent à la base d’une colline rapide dontle sommet est bien plus élevé que les arbres.
Cette impuissance de la végétation à s’élever au delà d’une certainehauteur, qui est loin d’être celle où s’arrête ordinairement la cimedes arbres, prouve évidemment qu’il existe, à une hauteur plus oumoins grande, une couche d’air où le développement en hauteur estimpossible. Cet effet doit être attribué au courant aérien du désert.Tous les arbres qui croissent en Algérie y sont soumis; rien n’estplus simple que d’étudier les effets de ce courant aérien.
Lorsqu’on examine les revers des montagnes et des coteaux qui fontface à l’ouest et au nord, on voit qu’ils sont pelés ou simplement cou-verts de broussailles rabougries, composées presque exclusivementde chênes kermès et de lentisques ; si l’on rencontre des arbres d’unehauteur appréciable, réunis en groupes ou isolés, c’est toujours dansdes dépressions de terrain, où s’accumulent l’humus et l’humidité, etle plus souvent en plus grand nombre sur les revers opposés qui re-gardent l’est et le sud. Cette perturbation ne peut être attribuée qu’àl’influence des vents polaires, dont l’action incessante, au moment dela végétation, la paralyse, s’oppose à la reproduction et au dévelop-pement des semis. Le même effet a lieu dans les plaines, en dehors deslieux où l’humidité est assez grande pour exciter la végétation.
Dans un massif accidenté, tous les ravins et toutes les pentes expo-sées à l’est, au sud, ne sont pas toujours garantis du vent du N. 0.,par la raison qu’il est quelquefois gêné dans sa marche par des obs-tacles contre lesquels il frappe et qui lui font perdre de sa vitesse,obstacles qui forcent la masse d’air en mouvement de s’élever pours’écouler au-dessus et dans différentes directions.
Les parcelles de forêts dans lesquelles croît le cèdre, ne se trou-vent pas sur le sommet des montagnes ou sur le revers opposé, maisbien sur les revers est et sud, où le vent N. 0. ne frappe pas di-rectement. Cette exposition est la plus abritée des vents et celle quiconserve le plus d’humidité, quoique le soleil l’échauffe constamment;et bien que son action directe soit une cause puissante d’évaporation,elle est beaucoup moindre pour ce qui concerne le sol que celle qui ré-