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Des climats et de l'influence qu'exercent les sols boisés et non boisés / par M. Becquerel
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CLIMAT DE I.A FRANCE.

MO

sulle des vents froids et secs; dans le premier cas, lévaporation estconsidérablement modifiée lorsque lombrage des arbres se projettesur le sol.

Le courant dair venant du Sahara, se maintenant constammentdans les régions supérieures, et forcé encore parles reliefs du terrain àsélever davantage, ne frappe pas ces localités privilégiées qui jouissentdune atmosphère tranquille, absorbant mieux lhumidité du sol.

Ces effets météorologiques, qui se montrent en grand sur les ar-bres, se reproduisent aussi, dans des proportions moindres, sur unchamp de blé. Les portions du champ qui sont opposées à lactiondirecte des vents dhiver, restent chétifs, ne tallent pas ; tandis que lesparties abritées, dans des conditions de sol égales dailleurs, donnentun produit quatre ou cinq fois supérieur. Cest pour cette raison queM. Hardy considère quil y aurait un très-grand avantage à créerdes abris dans lAlgérie, la culture des arbres devrait figurerpour une large part dans léconomie rurale et occuper au moins untiers du terrain. Au lieu de les disperser sur toute létendue dudomaine, leur ombre nuit à la végétation, il conviendrait plutôtde former des abris continus, à la distance de cent mètres les uns desautres, qui feraient obstacle au vent, et protégeraient la croissancedes plantes herbacées. La première ligne de défense serait formée desarbres les plus robustes de trois rangs serrés, de cyprès, larbre desabris par excellence, qui atteindraient 12 à 15 mètres de hauteur;la deuxième, doliviers ; la troisième, de mûriers ; la quatrième, enfin,darbres fruitiers. Chacune de ces barrières protégerait les terresarables placées dans lintervalle et sur lesquelles le vent narriveraitque divisé, criblé, ayant perdu sa violence en passant à travers les in-terstices des feuilles et les branches des arbres. Ce mode dabri, déjàusité dans les contrées de la France sévissent les vents violents,recevrait, en Algérie, lapplication la mieux justifiée.

Les eaux de pluie qui tombent sur les montagnes et qui devraient,en les faisant servir à lirrigation, devenir le principal élément pro-ductif du pays, ne servent, aujourdhui, quà former des marais pes-tilentiels, qui déciment la population et sont le principal obstacle à sesprogrès agricoles. Il résulte de que le pays ne peut être rendu fer-tile quen boisant dune manière compacte le tiers de sa superficie,en recueillant toutes les eaux courantes et en les consacrant exclusi-vement à lagriculture. Au moyen des plantations, la température delhiver serait moins variable, lévaporation serait modérée et prolon-gerait la durée de la saison végétative des plantes herbacées.