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DES SOLS BOISÉS ET NON BOISÉS,lianes défendent l’entrée (1). Enfin, les forêts basses sont occupées parles jongles, forêts impénétrables, composées d’arbustes, de broussailleset de roseaux, et qui servent de repaire aux éléphants, aux buffles,aux rhinocéros, aux tigres. Parmi les jongles les plus remarquablesnous citerons celle du delta du Gange, dont le sol humide et maré-cageux laisse échapper des miasmes putrides, causes du choléra et desfièvres pernicieuses qui ravagent ces contrées.
Indépendamment des jongles, on trouve, dans les parties inférieures,des palétuviers qui s’avancent au milieu de l’Océan et étendent leurstiges sur la plage ; puis des cocotiers, qui forment des forêts à Ceylan,dans les Laquedives, et sur presque tout le littoral de la côte de Ma-labar.
En remontant l’Himalaya, à 2200 mètres, les forêts rappellent cellesde nos climats, puisqu’elles sont peuplées d’essences qui ont de l’ana-logie avec celles des Alpes, telles que le chêne, l’orme, le charme,l’érable ( 2 ).
Le versant méridional de l’Himalaya est couvert de jongles épaisseset impénétrables, qui s’étendent à l’est et au sud, viennent rejoindreles jongles plus vastes du Bengale, se continuent vers le Sutledje, et neforment plus qu’un amas de broussailles au delà de laDjumna. Pen-dant la saison des pluies, ces forêts naines sont inondées (3), et ne tar-dent pas à se couvrir de plantes tropicales.
Dans la région orientale, on trouve les arbres des tropiques, telsque les fougères arborescentes, les scitaminées, etc., et, dans la régionN. O-, les essences de nos climats.
A la base de la chaîne dite subhimalayenne, dans l’intervallecompris entre le point où le Gange coupe cette chaîne et la mer, ilexiste une des plus grandes forêts du globe, le saul forest, qui descendjusque dans les plaines du Bengale et de l’Ilindoustan et dont la pro-fondeur est de 10 à 30 milles et la superficie de 1500 milles carres.On ne doit pas être étonné de voir une forêt aussi vaste dans lepays le plus anciennement civilisé, attendu que la végétation a unetelle force sous les tropiques, que les plantes et les chétifs arbrisseauxde nos contrées y atteignent, dans certaines localités, les proportionsde nos chênes et de nos peupliers. C’est pour ce motif que les im-menses forêts indiennes, qui ont dû éprouver le même sort que cellesdes pays les plus civilisés, se sont repeuplées promptement. La végé-
(1) Ritter, t. IV, p. 71_(2) Jacquemont, Voyage, t. II, p. ISO et 131.
(3) A. Maury, ouvrage cité, p. 12,