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Des climats et de l'influence qu'exercent les sols boisés et non boisés / par M. Becquerel
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CHAMT11E I.

tation est telle, que le bois une fois coupé ne tarde pas à reparaîtredans les lieux la culture cesse. Lexemple suivant eu donnera lapreuve (1).

En janvier, février, mars et avril, toute la contrée qui entoureBourpetah présente un spectacle fort curieux. Les habitants mettentle feu aux jongles pour éclaircir le pays, le rendre propre à la cultureet ouvrir des voies de communication entre les différents villages. Cesincendies se propagent avec une rapidité incroyable. Un espace deplusieurs milles de jongles, couvert dherbe de 20 pieds de haut, estéclairci en un petit nombre dheures. Quelques jours après, la jongleest déjà repoussée.

La presquîle au delà du Gange possède autant de forêts que celleen deçà, mais elles sont imparfaitement connues. Dans le ïonlcin,le Laos et la Cochinchine, la végétation y est des plus vigoureuses, àen juger par labondance du bois de construction quon en tire. (. Ex-posé statistique du Tonkin, de la Cochinchine, du Camboge, daprèsla relation de la Bissachère, p. 97 et suiv.)

Dans ces derniers temps, on a constaté les effets du déboisementdans lIIe Poulo - Pinang, située près de la presquîle de Malacca(presquîle transgangétique).

Daprès les observations que M. B. Little, médecin, ancien profes-seur danatomie à lécole dEdimbourg, a consignées dans lhe Journalof the Indian archipelago and Eastern Asia (juillet et août 1848),le déboisement de, lile Poulo-Pinang a apporté dans le climat deschangements notables.

Avant que les colons chinois vinssent se fixer dans cette île, le centreétait occupé par des jongles qui sétendaient de la montagne centralejusquà la côte. Ces jongles rafraîchissaient lair, et contribuaient à laproduction dune brise du soir fort salutaire. Depuis que ces jonglesont disparu, le climat est devenu extrêmement étouffant. Les nom-breux cours deau qui sillonnaient les flancs de la montagne centralese sont séchés, et il sest développé une sorte de mala aria, semblable àcelle qui désole les îles coralliques situées eu face de Sincapour, ouqui règne dans ce que lon appelle Swamp jungle.

Les pluies sont également beaucoup moins abondantes que jadis àPoulo-Pinang, et les tables météorologiques quon y adressées donnentdes chiffres actuellement fort analogues à ceux quon a obtenus à Sin-

(1) A Sketch of Assam, by an officer. n. n, London, 1847; cité par M. Maury,p. 17.