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Des climats et de l'influence qu'exercent les sols boisés et non boisés / par M. Becquerel
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DES SOLS BOISÉS ET NON BOISÉS.

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CHAPITRE II.

Des forêts dans les îles de la Méditerranée, en Turquie, dans lesîles de la Grèce, en Grèce, en Italie et en Sardaigne, en Es-pagne et en Portugal.

§ I.

Des forêts dans les Iles de la Méditerranée, en Grèce et en Turquie.

Nous revenons sur nos pas avant d’aborder en Italie, pour jeter uncoup d’œil rapide sur la végétation forestière des principales lies dela Méditerranée, des bords septentrionaux de la mer Noire, des îlesde la Grèce, de la Grèce elle-même et de la Turquie d’Europe.

L’île de Chypre, avant Ératoslhène, était très-boisée. «Selon Éra-« tosthène, dit Strabon(l), les plaines de Chypre étaient ancienne-« ment couvertes de forêts, au point qu’on ne pouvait les cultiver;

« le défrichement fut un peu favorisé d’abord par la consommation« du bois nécessaire aux travaux des mines de cuivre et d’argent, et« ensuite, dès que la navigation fut sans danger et qu’on eut une« marine militaire, par la coupe des arbres propres à la construction« des vaisseaux ; mais ces moyens ayant été insuffisants, il fut permis« d’abattre les forêts, et ceux qui l’entreprirent obtinrent, sans au-« cune rétribution , la propriété de tout le terrain qu’ils avaient mis« en état d’être cultivé. »

La faculté donnée aux habitants de défricher, et les progrès de lacivilisation, ont porté le déboisement à un degré tel, que l’on cher-cherait en vain dans cette île la célèbre forêt d’Idalie, consacrée auculte de Vénus. L’île de Crète n’a pas été plus épargnée (2) : à peine sil’on trouve quelques bosquets d’oliviers sur les cimes de ses monta-gnes^). On en peut dire autant des îles de Namphi, d’Antiparo, d’Ip-sara, de Nio, de Samos et de Polycandro (4).

Les montagnes deChios, jadis couvertes de forêts, sont aujourd’huientièrement dénudées (S).

Dans l’Archipel, il n’y a de boisées que Imbros, Lemnos, Paros,Mycone, Thasos. Stampalia présente de nombreux bouquets de chêneskermès, de pins et d’érables, à défaut de hautes futaies.

La Grèce proprement dite, à raison de sa civilisation avancée,

(1) Liv. XIV, p. 403. —(2) Vibius Sequester, édition Obeilin— (3) Rob. Pasliley,Travels in Crete, vol. II, p. 31 et suivantes. — (4) A. Maury, p. 100— (5) Beblen,Allgemeine Forst- und Jagd-Zeitung, Jatirg. 1834, p. 482 et suiv..