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Des climats et de l'influence qu'exercent les sols boisés et non boisés / par M. Becquerel
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CHAPITRE II.

§ IH-

Des forêts de l'Espagne et du Portugal.

Espagne. —Strabon nous apprend que, de son temps, l’ibérie'l’Espagne) était très-boisée (t. I, liv. lit, trad. française) :

« A l’occident est l’Ibérie. Elle est dans la plupart de ses contrées« peu propre à être habitée, car elle n’offre que des montagnes, des« forêts, des plaines couvertes d’une terre légère et le plus souvent« arides. La partie septentrionale, bordée par l’Océan, est extrêmement« froide; elle présente un terrain rude, et n’a, d’ailleurs, aucune com-•< munication avec les autres contrées; elle est, par conséquent, le« canton de l’Ibérie le moins favorisé par la nature. Au contraire, la« partie méridionale presque entière est un pays très-fertile, surtout« la portion située au delà des Colonnes. »

Ce tableau n’est plus applicable à l’Espagne à l’époque actuelle;l’exploitation des mines et l’insouciance des habitants ont hâté ledéboisement de cette contrée. Le climat, depuis les Pyrénées jusqu’àl’Èbre, n’est pas considéré, à beaucoup près, comme très-froid. Apeine si l’on trouve quelques arbres dans la partie centrale de laPéninsule; les montagnes de la Sierra-Tejada ne renferment plusque quelques ifs, sorbiers ou érables, restes des forêts qui les cou-vraient.

Il y a encore quelques parties boisées dans la Sierra de las Almi-jarras (i).

« Çà et là des bouquets de quercus alpestris et d ’abies piusapo om-« bragent la Sierra de Toloz ; dans la Sierra-Nevada, le pin sylvestre« constitue des futaies de vingt à trente pieds, tandis que deux autres« espèces du même conifère, le pinus pinaster et aleppensis, donnent« naissance , dans le royaume de Grenade, à quelques forêts (2). »

Les Baléares sont également déboisées, et l’on chercherait vaine-ment dans les Pityusæ (3) ( Iviça et Formentera) les pins qui leuravaient valu leur nom.

Ce déboisement de l’Espagne est attribué, non-seulement aux pro-grès de la civilisation, mais encore à l’exploitation des mines et à l’in-souciance naturelle des Espagnols.

(1) A. Maury, p. 120. — (2) E. Boissier, Voyage botanique dans le midi de l'Es-pagne , 1.1, p. 202-203. —(3) Pline, Histoire naturelle, III, il ; Tit. Liv., XXXVIII,37; Diod. Sicil.,V, 17, cité par A. Maury.