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« craignaient ; que c’était la difficulté des chemins, la profondeur des« forêts, qui s’opposaient au transport des vivres. »
Nous pourrions multiplier ces citations et en ajouter d’autres quiprouveraient également que les Gaules ne se composaient pas seu-lement, comme quelques auteurs l’ont avancé, de forêts, de lacset de marais, et qu’il s’y trouvait encore de vastes étendues de terres,dans lesquelles les habitants se livraient avec succès à la culture descéréales et autres produits agricoles, sans que le voisinage des forêts ymit obstacle. Le climat n’était donc pas aussi extrême qu’on l’a avancéà l’époque de la conquête. Il est probable que les historiens ont con-fondu les climats des diverses parties de la France.
Les terres considérées comme fertiles, même par César, se trou-vaient comprises, d’une part, entre la Seine et le Rhin; de l’autre,entre la Saône, le Rhin et le Rhône; elles étaient situées dans les en-virons de Toulouse, des Santones (habitants de la Saintonge), despeuples du Berry (Bituriges), des Soissounais; elles occupaient unepartie de la Franche-Comté, habitée par les Séquanais, et ces dernièrespassaient pour les meilleures de la Gaule. Toutes ces terres sont encoreau nombre de celles où l’on récolte, encore aujourd’hui, le plus de cé-réales.
Le témoignage suivant de Strabon (l) fait connaître la cause qui aporté les Gaulois à se livrer à l’agriculture : « Les hommes sont portés« à l’exercice de la guerre plutôt qu’aux travaux de la terre ; aujour-« d’hui, cependant, forcés de mettre bas les armes, ils s’occupent d’a-« grieulture. » Nous ajouterons, enfin, que les Gaulois, pendant l’oc-cupation romaine, connaissaient l’usage de la marne, et qu’ils selivraient à une agriculture étendue. « Une autre méthode, dit Pline (2),« est usitée en Bretagne et en Gaule : elle consiste à engraisser la terre« avec de la terre. Cette dernière s’appelle marne (margam), et passe« pour renfermer plus de principes fécondants. »
Nous allons présenter maintenant un précis historique des princi-pales forêts de la France par province, depuis l’occupation romainejusqu’à nos jours, en suivant l'ordre adopté pour la division des boiset forêts dans la statistique générale de la France.
1° Région Nord-Ouest , comprenant 21 départements. — Dé-partements maritimes :
Somme, Seine-Inférieure, Calvados, Manche, llle-et-Vilaiuc, Côtes-du-Nord, Finistère, Morbihan, Loire-Inférieure.
(!) Liv. IV, p. 5, trad. franc. — (2) Histoire naturelle, liv. XVIL