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coupés de marais et de marécages dont les eaux s’étendaient dans lesplaines. La Gueldre et le Brabant étaient également remplis de forêts.
Il existait encore entre Boulogne et Ostende des forêts, dont celled’Hardelot, qui est aujourd’hui considérablement réduite, et la forêtde Boulogne, sont des restes. L’ancien évêché de Thérouanne (Pas-de-Calais) était presque entièrement recouvert par la forêt Tristiacensiset le bois Beyla, situé entre Ruddervoorde et Thourout (1).
Une partie du canton de Bruges était occupé encore, dans le moyenâge, par la forêt de Beherholdt, qui se rattachait à une ligne d’autresforêts, parmi lesquelles se trouvaient celles de Saint-Amand, ou Vi-cogne, dans le Hainaut, entre l’Escaut et la Scarpe, et les lieux oc-cupés aujourd’hui par les villes de Saint-Amand, de Condé et de Va-lenciennes.
La Normandie, sous Charles V, était encore très-boisée. Parmi lesforêts les plus importantes, on citait celles de Brotonne, appelée Are-launum sylva sous les Mérovingiens (2), de Roumart, d’Audaine, deBreteuil, de Goulfern, du Gouffroy, de Conches, etc. (3).
Les forêts de Bray et de Lyons, jadis réunies, ont donné naissanceaux communes de Bois-Roger, de Bois-Guilbert, d’Elbeuf-en-Bray,de Beauvoir-en-Lyons, de la Haye-en-Lyons ; les restes de cetteantique forêt donnent encore une idée de son ancienne magnifi-cence (4).
Dans les environs d’Évreux, le nom de Grandis Sylva, que l’ondonnait jadis au village de Grossœuvre, dénote l’existence d’unegrande forêt qui a disparu (5).
Autour de Paris, il existait une ceinture de forêts, de plusieurskilomètres de profondeur, et des marais qui aboutissaient à laSeine (6).
Au nord de Paris se trouvait la forêt de Laye ou Laie (Saint-Ger-main -en-Laye), qui se rattachait probablement à la vaste forêt d’Ive-line. Plus près de Paris, au nord et au midi, il existait deux vastes
(1) Bernard Sainte-Marie, Recherches sur les anciennes forêts de la partieN. O. delà France; Annales forestières, 1850, p. 49. — (2) Grégoire de Tours,liv. III, chap. XXVIII. — (3) Piganiol de la Force, Nouvelle description de laFrance, t. XI, p. 104 et suivantes; l’Ordonnance de Charles IX, de 1573 ; Histoiredes grandes forêts de la Gaule, Maury, p. 232. — (4) Noël, Essai sur le dépar-tement de la Seine-Inférieure , t. I, p. 31 et suivantes; Passy, Description géo-logique du département de la Seine-Inférieure , t. I er , p. 196, Maury; ouvragecité, p. 232. — (5) Alfred Maury, p. 233, ouvrage cité. — (6) César, liv. VII, p. 5,§ LVII ; Le Prévost, Dict. des noms de lieux de l’Eure, p. 140.