DJiS SüiS BOISÉS ET NOM BOISES.
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lorèts dont les bois de Boulogne et de Vincennes sont les débris', etdont l’une rejoignait celle Montmorency. Les bois composant la forêtde Bondy en faisaient partie.
Dans le neuvième siècle, Émans ou Esmans (canton de Montereau)était entourée d’une forêt de quatre lieues d’épaisseur, laquelle se rat-tachait à la sylva Bieria (forêt de Fontainebleau) et à celles de Moretet de Sénart. Cette dernière, sous Henri II, s’étendait encore de Me-lun au pont-de Charenton (1).
Plus loin se voyaient d’autres forêts non moins étendues. Déjà, sousPhilippe de Valois, celles de Trait, de la Haye, d’Arches, de Quernelle,de Visme, étaient peu étendues ( 2 ).
Nous citerons encore les forêts de Cuise, ou Cotia sylva (Compiè-gne), qui n’était qu’un reste de la forêt de Servais (Sylvacum); laforêt de Selve, près de Laon; de Kiersy-sur-Oise, située dans le pagusSuessionensis ; celles d’Aire en Artois, d’Attigny, d’Ardenne, de Lensen Artois, de Wara près de Mézières; celles de Stenay, de Cressy, deSamoncy, qui n’étaient que des démembrements de l’ancienne Ar-denne. (Histoire des grandes forêts de la Gaule, p. 206.)
Les forêts de la Coyes, de Retz, de l’Aigle et de Hez sont des dé-membrements de la forêt de Servan, ainsi que les forêts de Halatte etd’Ageux, qui faisaient partie de la forêt de Cuise, et en ont été déta-chées par des défrichements (3).
Les bocages du Poitou, du Perche et de la Normandie étaient for-més de forêts continues, séparées par des clairières cultivées et habi-tées. Ces forêts ont disparu ; la belle forêt de Bellesme, dans le bocagepercheron, est un reste de la sylva Portica, ou saltus Portions, unedes plus vastes de la Gaule (4), et qui se rattachait à celles de Valdieu,de Réno, de Moulins et de Bois-Moulins.
Le Maine était couvert de forêts, dont celles de la Charnie ( sylvaCarnela), de Craon, de Douvereau, de Pincé, de Percigué, d’Andaiueet de Longaunai ne sont que des restes (5).
Quant à la forêt du Mans, célèbre par l’aventure qui coûta la raisonà Charles VI, elle est aujourd’hui entièrement détruite, à l’exceptionde quelques bouquets.
(i) A. Manry, ouvrage cité, p. 234. — (2) Ordonnances des rois de France,t. XVII, p. 615.—(3) Cartier, Histoire du duché de Valois, t. 1 er , p. 5 et suivantes.—(4) Aimoin , Præl'at. in gest. Franconnn ap. D. Bouquet, Histoire de France,t. ni, p. 25; Annuaire des départements de l’ancienneNonnandie,i$38, 4 e année,p. 261-262, et A. Maurv, ouvrage cité. — (5) L. Canvin, Géographie ancienne duMans, p. 505 et suivantes ; Alt. Maury,p. 241.