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Des climats et de l'influence qu'exercent les sols boisés et non boisés / par M. Becquerel
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DES SOLS BOISÉS ET NON BOISÉS.

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§ II.

Région du Nord-Esl.

En premier lieu, nous trouvons la forêt des Ardennes, déjà men-tionnée, et qui était une des plus étendues des Gaules. César en parledans les termes suivants : « Au contraire, liuluciomar leva des troupes,« et ayant envoyé dans les Ardennes, grande forêt qui sétend depuis« le Ithin jusquaux frontières des Rhémois, tous ceux que lâge met-« tait hors détat de porter les armes... » (César.)

« Le pays occupé par les Morini, les Atrebates et lesBurones, dit« Strabou ( 1 ), ressemble à celui des Menapii. Cest une forêt très« étendue, mais bien moins que ceux qui lui donnent 4,000 stades (-« sar). Elle porte le nom dArduenne, et elle est composée darbres« qui ue sont pas de haute futaie. Pendant les incursions de leurs en-« nemis, ces peuples étaient dans lusage de fermer lentrée du pays« en entrelaçant les branches épineuses des buissons et plantant des« pieux dans divers endroits. Ils se retiraient ensuite avec leurs fa-« milles au fond des bois, dans les petites îles que forment les marais ;« cétaient pour eux des retraites sûres dans les temps de pluie, mais« elles ne pouvaient les garantir dans les sécheresses. »

Un passage de Grégoire de Tours, relatif à un combat livré par lesRomains aux Francs dans la forêt des Ardennes (2), confirme le récitde Strabou.

Danville partage lopinion de Strabon ; il trouve létendue en lon-gueur assignée à la forêt des Ardennes exagérée; il ne lui attribue queir>o milles, environ 50 lieues.

André Thevet, dans sa Cosmographieuniverselle,c hap. III, p. 682-683, en donne la description suivante :

« La forêt dArdennes avait une grande étendue, va depuis Trêves« du Rhin avant, jusquaux limites de Trêves, jusquaux Nervins,« contenant plus de 100 lieues de longueur. Quant à cette large forêt« tant célébrée, cest peu de chose, aujourdhui quil ny a seigueur« y prétendant droit quil ne la fasse abattre et démolir pour en tirer« du profit. Jadis elle embrassait les pays de Hainaut, Luxembourg,« Metz, Namur, Mayence, Confluents, Cologne, etc. »

Cette immense forêt, au temps de Charlemagne, était déjà divisée,

(1) Géographie, liv. IV, p. 54, trad. franç. (2) Liv. U, p. 67, Collection desmémoires relatifs à lhistoire de France.

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