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CIJAPITRE III.
puisqu’un diplôme de 802, en faisant donation de deux localités peudistantes de Trêves , interdit la chasse dans les forêts voisines (i ).
Cette forêt était peuplée de hêtres, de chênes, de bouleaux et decoudriers, sans arbres verts, même à l’époque où elle élait le plusimpénétrable; il y avait des clairières et des éclaircies de plusieurslieues (2).
La Lorraine ainsi que l’Alsace occupent aujourd’hui une grandepartie de la forêt des Ardennes.
Cette forêt s’étendait encore dans le Condros, aux environs de Dinanet de Bouvignes, dans le pays d’IIerve et une partie de la I'amenne,où il n’existe maintenant que peu d’arbres.
La forêt de l’Argonne séparait la Champagne de la Lorraine, et com-mençait à Sainte-Ménehould. Celle de Sainte-Ménehould proprementdite était encore considérable en 1573 (3). Les bords escarpés de laMeuse, près de Verdun, formaient, au dixième siècle, une longueforêt (4).
Les pays montagneux étaient, en général, dans les siècles passés,les lieux où la végétation forestière dominait. Nous citerons commeexemple les sommets arrondis des Vosges, garnis de forêts où se trou-vaient le hêtre, le sapin blanc, etc. On retrouve des restes de ces ma-gnifiques forêts sur les flancs de la vallée de la Thur, de celle de laVologne, de Plancher, d’Andlau, etc.
Ces forêts étaient coupées çà et là par des lacs, tels que ceux de Gé-rardmer, de Longemer, de la Maix, de Sternsée, et dont quelques-unssont devenus des tourbières (5).
On conserve dans les Vosges le souvenir de ces forêts qui ont entiè-rement disparu, notamment de celles qui couvraient les coteaux d’At-tigny, et qui occupaient les emplacements de Gérardmer et d’Auzain-villiers (G).
Depuis cinquante ans, les défrichements et les coupes immodérées onttellement appauvri les montagnes des Vosges, qu’en 1 804 l’adminis-tration sollicitait de promptes mesures pour prévenir, disait-elle, laruine totale des forêts (7).
Les forêts des Vosges se rattachaient à celle des Ardennes au moyen
(1) AMaury, p. 168. — (2) D’Omalius d’Halloy, Coup d'œil sur la géographiede la Belgique, p. 27; Bruxelles, 1843. — (3) Édits et ord. desroijs de France,t. II, p. 260, V édit. — (4) Richer, Histor., t. II, lit), in, c. 113, p. 12, édit. Ona-det. — (5) Alf. Maury, ouvrage cité, p. 243. — (6) Le Page et Cliartoii, le Dé-partement des Vosges, t. Il, p. 19 et 20. — (7) Statistique du département desVosges, p. 57 ; Piales , Traité, des arbres résineux, p. 48 et suivantes.