DES SOIS BOISÉS ET NON BOISÉS. 2H
dos bois qui couvraient le département de la Moselle et le nord decelui du bas-Rhin (I).
Avant que le canton de Bitche n’appartînt à la France, les forêtsétaient telles qu’elles existaient il y a six siècles; mais dans l’espace dequinze années le gouvernement en a abattu une partie : il en reste en-core néanmoins 20,553 hectares (2).
Les îles du Rhin étaient boisées d’essences d’aune, de frêne et decharme. Les guerres de la révolution ont considérablement restreintles forêts de Reivvald et d’IIaguenau.
Dans la Franche-Comté, il existait un vaste réseau forestier, com-prenant les forêts de Chaux, de Chailluz, de Ban, du Jura et de Lo-mont, etc., etc. Une partie de ces forêts sont remplacées aujourd’huipar des vignes.
Les forêts de sapins du Jura sont encore en partie debout. Cettecontrée se composait de sept à huit chaînes parallèles, d’une longueurde 80 lieues, et de 10 à 15 en largeur ; elle était jadis couverte debois qui descendaient jusqu’au fond de vastes vallées longitudinales,où se trouvent aujourd’hui des villages. Dans les vallées du Jura, tellesque celles du Doubs, de la Loue, on trouve des traces de ces antiquesforêts sur les bords de ces rivières. Les forêts de la Chaux et de la Serre,dans les environs de Dole, sont les derniers débris du saltus Se-quanus (3).
La Bourgogne, qui est encore aujourd’hui une des provincesles plus boisées, était, dans les siècles passés, couverte de forêts.Ses coteaux ont été défrichés pour être transformés en vignes.La forêt de Jailly a perdu une grande partie de ses futaies parsuite de l’exploitation de ses minerais de fer; on défriche sans cesseplusieurs de ses ramifications entre Monlbard et Châtillon-sur-Seine (4).
11 existait encore des forêts sur la rive gauche de la Saône, là oùelle sépare la Bourgogne de la Bresse, à l’époque où les armées sarca-smes vinrent s’y établir; elles transformèrent ces contrées forestières enplaines très-productives.
Tout le pays situé entre l’Yonne et la Marne, et qui comprend unepartie de la Champagne et le Sénonais, n’était que bois et forêts.
(I) Verronnais, Statistique du département de la Moselle; Metz, 1844, p. 61 .~ (2) A. Maury.— (3) Pyot, Statistique générale du Jura, p. 441; I.ons-le-Saulnier, 1838. — (4) Dufrénoy et Ëlie (te Beaumont, Explication de la cartegéologique de. la France, t. Il, p. 385.
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