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CHAPITRE III.
§ iv.
Région du Sud-Est.
Si nous commençons par les provinces du Centre, nous voyons queLyon, dans les siècles passés, était entouré de forêts; les hauteursde Fontanières et de Sainte-Foi étaient couvertes de bois qui ont étédéfrichés par les bénédictins.
Des documents historiques prouvent que la Dombe, partie du dé-partement de l’Ain située sur la rive droite de la rivière de ce nom,était jadis couverte de bois, et que leur disparition est la conséquencede la nécessité où l’on s’est trouvé d’avoir de grands pâturages pourremplacer les prés transformés en étangs. Les taillis, abandonnés auxfermiers pour leur chauffage, ont été successivement détruits, et sontdevenus des pâturages où il reste encore quelques bouleaux témoinsaccusateurs du déboisement.
Les forêts du Dauphiné, composées de pins laricio , de hêtres et dechâtaigniers, croissant à des étages différents, se rattachaient auxforêts du Piémont et de la Savoie. La forêt de Baratier couvrait, en1193, tout le territoire des Orre , de Baratier et d’Embrun. En 877 ,les forêts de Lens et de Vergnes étaient les plus renommées; il en estfait mention dans une ordonnance de Charles le Chauve.
Vienne était entourée de bois de toutes parts; les forêts de Limon ,de Septême, de Saint-Georges, de Falavier et d’Eyrieu, aujourd’huiséparées, étaient jadis réunies (1).
Avant le douzième siècle, des forêts à peu près impénétrables cou-vraient presque entièrement le mont Durbon, sur lequel des chartreuxfondèrent un monastère, après en avoir défriché unegrande partie. Néan-moins , la forêt de Durbon, composée de hêtres et de sapins, a encorevingt-neuf kilomètres de tour. Le mélèze qui ombrageait ce montapresque totalement disparu. Cette forêt donne encore une idée de cequ’était jadis la puissance de la végétation de cette contrée.
Si nous avançons plus au sud, nous voyons que, dans la Provence,le chêne liège formait des masses pressées sur le terrain siliceux, et lechêne vert dans la zone calcaire des Maures et de l’Esterel. Sur leversant septentrional de ces chaînes croît encore le mélèze (2).
Les magnifiques futaies d’érables, de hêtres, d’ifs, de tilleuls dela forêt de Sainte-Baume ont disparu, ainsi que beaucoup d’autres
(l) Maury, ouvrage déjà cité, p. 274. — (2) De Candolle, Mémoires de la Sociétécentrale d’agriculture de France, t. XlH, p. 215.