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Des climats et de l'influence qu'exercent les sols boisés et non boisés / par M. Becquerel
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DES SOLS BOISÉS ET NON BOISÉS.

forêts dont les noms sont conservés (l). On attribue le dépeuplementdes chênes lièges à l’écorçage, qui fait périr des milliers de jeunesindividus.

Les arbres détruits sont remplacés par des essences qui n’existaientpas jadis, telles que l’arbousier (qui garnit les forêts des Maures),l’oranger, le myrte, le laurier-rose , le pin d’Alep, le pistachier len-tisque, qui présentent une végétation chétive , quand on la compareà celle des anciennes essences. Quant à l’olivier, on ignore encore s’ila été apporté par les Grecs ou s’il est indigène ; seulement on peut direque sa culture a été considérablement propagée, attendu qu’on letrouve dans toutes les forêts qui bordent la Méditerranée (2).

Les vastes forêts de sapins et de mélèzes qui existaient jadis dans ledépartement de Vaucluse ont disparu ; leur sol est livré à la culture ( 3).

Les forêts du Rouergue et de l'Albigeois n’ont pas été plus épar-gnées ; les bois de chênes qui couvraient la plupart des collines cal-caires de la première province ont disparu : il ne reste plus que la belleforêt de Guillaumard. Dans l’Albigeois, la destruction a été moinsgrande; on y trouve encore les forêts de Grésigue, de la Narbonnaiseet de la Cabarède, qui faisaient jadis l’ornement de cette province.Les forêts de Giroussans et de Vialavert existent également, mais ellesont été saccagées (4), ainsi que celle de l’Anglés (5).

Dans le Languedoc, le cauton de Cousserans seul offre le plus derestes de ses anciennes forêts.

A la limite des Pyrénées-Orientales, sur la rive droite de l’Ariége,il existait la forêt de pins de la Llate, ayant plus de deux lieues d’é-tendue, et qui n’est pas même couverte de broussailles aujourd’hui.La forêt de Caudier, qui, en 1669, était bien plantée de sapins de deuxà trois cents ans, dont un grand nombre étaient propres à l’armature,n’a laissé aucune trace de son emplacement; il en est de même desanciennes forêts royales de Bouche-llouge, lfegbion, Boussemet,etc. (6).

Le département de l’Aude est le seul, de ceux qui s'étendent sur lesPyrénées, qui possède encore des forêts d’arbres verts, de quelqueimportance.

(I) Noyon, Statistique, du l ac, p. 76. — (2) Théophraste, Polybe, Diodore deSicile, etc. — (3) Statistique du département de Vaucluse, publiée par ordon-nance du gouvernement ( L804)_(4) Massai, Description du département du

Tarn, p. 186-187 (Alby, 1818)_(5) Alt. Mauiy, p. 286. — (6) Dralet, Traité des

forêts d’arbres résineux ; Procès-verbal des commissaires de la réformation,du 23 avril 1669.