CHAPITRE IV.
234
La sécheresse fait périr souvent des milliers d’individus appartenantau coudrier, au frêne et à l’orme ; les espèces à racines pivotantesrésistent seules à cette dévastation (1).
Dans la Lithuanie, entre la Russie et la Pologne, se trouve la célèbreforêt de Bialowiéza, qui a tous les caractères d’une forêt vierge ; car,il y a quelques années encore, elle était abandonnée à elle-même ( 2 ).On ne trouve plus maintenant, dans les forêts de cette marche, lehêtre , qui est remplacé par les pins, les bouleaux et les chênes (3).
En Esthonie et en Courlande, les tilleuls se montrent de nouveau etconstituent de vastes forêts (4).
Jadis les mélèzes et les bouleaux constituaient à eux seuls des forêtsdans le voisinage de l’Oural ; aujourd’hui, il se mêle à ces essences dessapins et des pins (5).
En avançant dans la Russie d’Asie, l’extrême froid seul arrête lavégétation forestière qui, sous une latitude moins élevée, a une grandepuissance. Dans le gouvernement de Kasan, il n’existe que des forêtsde chênes; dans ceux d’Irkoustk et de Tobolsk, les forêts sont forméesd’essences mêlées. Au nord, dominent les conifères; au sud, le tilleul,le frêne et l’érable. Les bords de l’Irtysçhe, de Barnaoul, de l’Aleisont ombragés par de vastes forêts de sapins (6).
En allant vers l’Altaï, dans la chaîne des monts Saïlougueme, ontrouve des forêts plus vigoureuses qu’en Sibérie; les versants de l’At-bachi sont peuplés de magnifiques pins, tandis qu’il n’existe dans lesvallées que des rhododendrons, des bouleaux nains, et des groseillierssauvages.
Entre Ouspenka et le Tome, une forêt de peupliers noirs couvreles collines de l’Alei ; aux bords de Tlrtysche se montrent de vastesforêts non encore explorées.
En remontant dans les montagnes du gouvernement de Jenisseï,entre les chaînes de Tazkie et de Sayansk, apparaissent des massifsforestiers dans lesquels se montrent les bouleaux verts et blancs, lessorbiers, Yabies pilita (7).
; En quittant les bords du Jenisseï, pour aller de Minousinsk à la
(1) A. Maury, ouvrage cité, p. 106. — (2) Mémoire de M. Brinken, Varsovie, 1825,et l’analyse qui en a été donnée dans les Nouvelles Annales des voyages, deu-xième série, t. III (XXXIII, p. 277).— (8) Thurmann, Essai de phytostaüqueappliquée à la chaîne du Jura, t. 1 er , p. 390. — (4) Fr. Kreuse, Urges Chichtedes Esthnischese Volktammes, p. 9 (Moscou, 1846). — (5) Gr. von Helmersen,Keise nach dem Vrai itnd der Kergisen Steppen, p. 41 (Saint-Pétersbourg, 1841).— (6) A. Maury, ouvrage déjà cité, p. 107. — (7) A. Maury, ouvrage cité, p. 108.