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terrain jusqu’à 0 m ,60 pour le traverser et rendre la terre propre à laculture.
On rencontre çà et là, au-dessous de la couche de sable, des bancsargileux qui serrent à la fabrication de la brique. On trouve aussi dedistance en distance de vastes dépôts tourbeux, particulièrement dansles dépressions de terrain. Il se forme quelquefois, dans ces dépres-sions, des flaques d’eau qui ne sauraient être comparées aux étangs dela Sologne et aux terrains marécageux situés au fond de nos vallées etqui sont dus à l’argile du sous-sol et au mauvais écoulement de l’eausouterraine.
A raison de la nature du sol, le vent le déplace très-facilement,particulièrement sur les plateaux, surtout lorsqu’il n’est pas fixé parla culture, par les bruyères ou par des plantations de pins. Le dépla-cement du sable produit des dunes comme en Gascogne.
On voit déjà une différence essentielle entre la Campine et la Solo-gne. En Campine, là où il existe un banc imperméable, il est facile dele détruire, tandis qu’en Sologne la couche imperméable, qui est sou-vent très-profonde, ne saurait être enlevée.
Les résultats statistiques démontrent qu’en Campine il y a 80 habi-tants par 100 hectares, tandis qu’en Sologne il n’y en a que 21 .
Dans la première contrée, la population est vigoureuse et bien por-tante; en Sologne, l’insalubrité et le défaut de culture en déciment leshabitants. Les 2/5 es de la population totale, qui est de 250,000 âmesen Campine, se livrent à la culture.
On peut diviser ainsi son sol :
Culture ordinaire. 1/3*
Prairies. l/s®
Bois. 1 / 6 ®
Bruyères et terrains vagues. 2/5 es
Il n’en est pas en Sologne, où les habitants sont isolés, comme enCampine, où ils sont groupés dans des villages autour desquels sonttes champs cultivés. Le terrain amélioré, dans la Campine, produitdu seigle, des pommes de terre, de l’avoine, du trèfle, et donne engénéral des résultats supérieurs à ceux de la Sologne.
Autour des centres d’habitation se trouvent de vastes bruyèresd’une aridité désolante. Les rares habitants que l’on rencontre dansces déserts se livrent à l’exploitation des bruyères, qui servent delitière aux bestiaux, de combustible, ou bien à élever de chétives habi-tations. Quoi qu’il en soit, le sol de la Campine n’est pas infertile. On
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