Buch 
Des climats et de l'influence qu'exercent les sols boisés et non boisés / par M. Becquerel
Entstehung
Seite
290
JPEG-Download
 

CHAHTRE VIII.

290

en a la preuve dans le pays de Waes qui, non défriché il y a cin-quante ans, est aujourd’hui couvert d’une admirable culture.

Ce résultat remarquable a engagé des spéculateurs à porter en Cam-pine leurs capitaux et leur industrie pour défricher et vivifier ce pays.Dans le pays de Waes on a reconnu qu’il ne suffisait pas de chercheruniquement dans le sol les conditions nécessaires à une bonne culture»mais qu’il fallait encore y apporter des amendements et des engrais.

L’idée d’améliorer la Campine est déjà ancienne. On fait remonterà plusieurs siècles les premiers défrichements de bruyères et les me-sures gouvernementales prises à cet effet. En 1440 , il était déjà ques-tion de canaliser les deux Nèihes dans un but agricole.

Napoléon, dont les vastes conceptions n’avaient de limites que cellesde la puissance de l’homme, avait repris un projet conçu en 1626pour joindre le Rhin à l’Escaut, et voulut doter, en 1802, le pays decette belle ligne de navigation destinée à affranchir la communicationde la Belgique avec l’Allemagne des transports pénibles et coûteuxpar des rivières. Les travaux furent commencés, puis interrompusen 1808 .

Les guerres qui mirent fin à l’empire arrêtèrent cette gigantesqueopération jusqu’en 1828, où un nouvel effort fut encore inutilementtenté, quoique ce mode de communication ne dût être créé que dansdes vues d’intérêts purement commerciaux et en dehors de l’améliora-tion de la Campine, cependant, si les projets eussent été réalisés, on au-rait trouvé l’avantage de se procurer des engrais et des amendements àmoins de frais. En 1834 et 1835, M. Teichmann, inspecteur généraldes ponts et chaussées, présenta un projet complet pour l’améliorationde la Campine, lequel consistait en une série de canaux établis dansun but tout agricole. Ce projet fut suivi d’un autre, présenté eu 1840par M. Kummer, à qui revient en grande partie la gloire de la solu-tion de cette grande question.

Cet ingénieur a d’abord posé en principe qu’il était nécessaire queles engrais fussent créés ou rendus abordables dans les localités dansle plus bref délai. Les engrais devaient venir du dehors en mêmetemps que l’on devait créer des prairies destinées à fournir des four-rages au bétail. La première condition est remplie en ouvrant desvoies de communication et surtout des voies navigables, qui, en raisondu bas prix des transports, conviennent parfaitement aux besoins del’agriculture; la seconde, en créant des moyens d’irrigation peu dis-pendieux.

M. Kummer a démontré ensuite que fa première opération à faire