CHAPITRE X.
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« lent plus rapidement ; leurs lits s’élargissent, et ils sont étroits dans« les crues subites.
■< Les rivières n’ont plus un volume d’eau constant; elles charrient« des décombres, obstruent la navigation et préparent un fâcheux or-« dre de choses.
« Il y a infiniment moins de sources ; des cantons sont privés de la« culture des oliviers dont ils jouissaient autrefois, et il n’y a plus d’ir-« rigations dans le temps où elles seraient nécessaires. »
Ils terminaient en demandant qu’une loi défendit le défriche-ment des montagnes dont l’inclinaison avec l’horizon excéderait 35degrés.
Béziers {Gard).
Une pétition, siguée par plus de trois cents propriétaires de cet ar-rondissement, disait à la commission d’agriculture :
1793. « Plus des trois quarts des oliviers ont péri par le froid ex-« cessif de l’hiver... Il sera impossible de songer à la reproduction de« ces arbres, si l’on tolère le parcours des chèvres et des bestiaux.
« Les forêts et les plantations arrêtent l’impétuosité des vents du« nord... Ces immenses forêts, qui nous en garantissaient autrefois,o sont abattues, et la perte prochaine de nos oliviers en sera la suite« inévitable.
« Nos montagnes ne sont que des rochers ; les bois disparaissent de-« puis vingt ans; la culture à bras dans les Vacans a fait descendre la« terre, et il ne reste plus qu’un tuf. Qu’on juge de la déprédation« quand nos montagnes ont un pied de pente par toise. »
Drôme. •
1793. « A Saint-Romans, on coupe ou on arrache partout les ar-« bres pour défricher. A Valence et à Crest, il n’y a presque plus de«bois; les revers des montagnes sont sillonnés par des millions de« ravins. A Jlontélimart, les bois communaux sont pelés, et les forêts« nationales (qu’on désigne) sont dans le plus grand épuisement. »
Gard.
Les administrateurs, l’ingénieur en chef et des agronomes distin-gués signalaient, à la fois et à la même époque, les dangers des défri-chements des montagnes.
« On brûle, disait un fonctionnaire public supérieur, les bois de« haute futaie pour y semer du blé.