EFFETS DU DÉBOISEMENT. 519
« On détruit les bois jusque sur les revers des montagnes du nord ;« et il observe que déjà maints incendies avaient détruit des bois.
« L’un d’eux, M. Mons..., évalue la perte causée par les torrents du« Yistrc et de Vidourle à un million.
«On a ensemencé jusqu’à trois fois, et inutilement, la plaine. Les« débordements perdent tous les blés, et souvent à la veille de la« moisson.
« Les bois sont devenus rares ; on l’attribue à la fureur des défri-«chcments. Les forêts ne sont plus que dévastés garrigues. » Il lesnomme.
Les uns et les autres font observer que le Gard s’élève aujour-d’hui jusqu’à dix-huit ou vingt pieds, et qu’il détruit tout dans sacourse.
Lozère.
1794. Les administrateurs du département, afin de faire mieuxconnaître leur sollicitude et l’état des choses, firent imprimer un mé-moire. Ils disaient :
« Les habitants, semblables aux sauvages, défrichent des terrains« d’une valeur inappréciable... Par une frénésie plus coupable, ils dô-« truiscnt sur les pentes les arbres qui pourraient les conserver et les« embellir; et, pour la jouissance d’un moment, ils perdent à jamais« leur pays.
« Le dépérissement des châtaigniers augmente graduellement, à me-« sure que l’on s’approche des montagnes de la Lozère et de Laigoul,« qui dominent les Cévennes; jadis elles étaient couvertes d’épaisses« forêts qui servaient d’abri aux châtaigniers contre les vents du« nord.
« Les monts d’Auvergne, plus élevés que ceux de la Lozère, et qui« formaient un second rempart à la zone des châtaigniers, ont aussi« été dépouillés, et donnent aujourd’hui un libre passage à une bise« glaciale qui détruit l’espérance du cultivateur.
« Les habitants des Causses (plaines hautes) manquent de bois ; on« ne voit plus un buisson sur les plateaux, autrefois impénétrables... Il« y a moins d’eaux de source, et dans un pays haut, près de la mer,« on y manque souvent d’eau pour les hommes et les animaux.
« Les fonderies épuisent les forêts.
« Les habitants les défrichent ; les charbonniers en profitent, et les« troupeaux voyageurs achèvent de détruire la reproduction.»