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Des climats et de l'influence qu'exercent les sols boisés et non boisés / par M. Becquerel
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nÉSDMÉ.

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forêts, dimmenses savanes ou de grands cours deau ; les courantsdescendants dair chaud ne sauraient adoucir le climat des pays situéssous les latitudes moyennes autant que le font les courants dair chaudvenant du Sahara ( p. 147) à légard des contrées de notre hémisphèreplacées sous les mêmes latitudes.

Les observations de M. Hardy (p. 177 et suiv.) et celles de M. Jeffer-son, quoique un peu moins explicites, tendent à démontrer linfluencedes forêts comme abris contre tel ou tel vent favorable ou nuisibleà la végétation. Néanmoins, ces abris nagissent pas dune manièreabsolue; les effets quils produisent dépendent de la hauteur à la-quelle souffle le vent. Si la hauteur natteint pas celle de la forêtle vent est arrêté à chaque instant par les arbres ; il perd , par con-séquent, de plus en plus de sa vitesse, en sorte que si la forêt a uneépaisseur suffisante , parvenu à sa limite, il a cessé tout à fait.Dans le cas il souffle à une hauteur supérieure à celle des arbres,la forêt na daction que sur le courant dair inférieur. Au delà de laforêt, la masse dair supérieure, qui na rencontré aucun obstacle,continue sa course avec la même vitesse, en ébranlant, toutefois, lacouche dair inférieure. Souvent un rideau de bois agit comme abri ;ainsi, dans la vallée du Rhône, souffle constamment le mistral,une simple haie de deux mètres de hauteur préserve les cultures àune distance de vingt-deux mètres (p. 116).

Une forêt interposée sur le passage dun courant dair humide,chargé de miasmes pestilentiels, préserve quelquefois de ses effetstout ce qui est derrière elle, tandis que la partie découverte est ex-posée aux maladies. Les arbres tamisent donc lair infesté et lépurenten lui enlevant ses miasmes (p. 9).

On ne saurait mettre en doute, aujourdhui, linfluence des forêtscomme cause conservatrice des eaux vives dans une contrée ; un grandnombre de faits ne laissent aucun doute à cet égard ; ils sont corrobo-rés aussi par les plaintes nombreuses consignées dans les statistiquespubliées en 1804, et dont nous avons donné des extraits (p. 317 etsuivantes). La présence des forêts en pays de montagnes soppose encoreà la dénudation de ces dernières, à la formation des torrents, aux ra-vages causés dans les vallées par les pluies torrentielles et à leur en-combrement par les débris des roches, et, aussi, aux inondationsdes pays traversés par les fleuves et les rivières. Les forêts, en unmot, sont les obstacles placés sur les montagnes par la nature poursopposer à leur destruction sous les influences atmosphériques, et