CHAPITRE XI.
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du défrichement sur les climats, attendu qu’il faut prendre en considé-ration une foule de causes secondaires que l’on néglige ordinairementdans la discussion. Néanmoins, des observations recueillies jusqu’ici etdes documents historiques, on peut tirer les conséquences suivantes :
Les forêts agissent sur le climat d’une contrée comme causes frigo-rifiques, comme abris contre les vents, et comme servant à entretenirles eaux vives et à s’opposer à la dégradation des montagnes. Elles secomportent comme causes frigorifiques (p. 189), 1° en abritant le solcontre l’irradiation solaire et y maintenant une plus grande humidité;2° en produisant une transpiration cutanée par les feuilles; 3° enmultipliant, par l’expansion des branches, les surfaces qui se refroi-dissent par l’effet du rayonnement nocturne.
Il n’est pas démontré que le déboisement surune grande étendue depays améliore la température moyenne, comme tendaient à le démon-trer les observations de Jefferson, faites dans la Virginie et la Pensyl-vanie, puisque celles toutes récentes recueillies, par M. de Humboldt(p. 359) sur différents points de l’Amérique septentrionale indiquent,au contraire, la permanence dans la température moyenne. D’un au-tre Côté, les observations de MM. de Humboldt, Boussingault, Hall,Rivero, Roulin, faites sous les^tropiques depuis le niveau de la mer jus-qu’à des hauteurs où l’on trouve des climats tempérés et polaires, prou-vent que l’abondance des forêts et l’humidité qui en résulte tendent àrefroidir le climat, et que la sécheresse ou l’aridité produisent uneffet contraire (p. 179 et suivantes), ce qui conduirait à une conclu-sion opposée à la précédente. Il pourrait se faire cependant que, latempérature moyenne restant la même, la répartition de la chaleurdans le cours de l’année fut changée, et dans ce cas le climat seraitmodifié. Nous ajouterons que les documents historiques relatifs auxcultures dans les siècles passés ne suffisent pas pour résoudre ces ques-tions.
La présence de vastes forêts, dans les régions tropicales situées sousles méridiens de la partie occidentale de l’Europe, modifierait pro-bablement le courant ascendant d’air chaud qui vient s’abattre dansles latitudes moyennes de l’Europe. Si donc, dans la suite dès siècles,les sables du Sahara se couvraient de bois, ces sables ne s’échaufferaientplus autant sous le rayonnement solaire qu’à l’époque actuelle ; parconséquent, les vents du sud, qui améliorent aujourd’hui notre climat,n’ayant plus une température aussi élevée, le rendraient plus rude. Ilsuffit, pour s’en convaincre, d’examiner ce qui se passe sur le conti-nent américain, où les régions tropicales sont occupées par de vastes