110
SECONDE PARTIE.
Sur ces entrefaites, la femme de llclbling était parvenue à se sau-ver à Berne. Ce nouvel incident augmenta l’irritation , de sorte queni la nombreuse parenté de l’accusé, ni la grande députation desConfédérés ne purent ramener les esprits à des sentimens de modé-ration et d’équité L
Cependant les députés de Berne et d’Unterwalden, le ConseillerTitlinger et Jean Weingarten, ayant fait de nouvelles instances,ils reçurent des 200 une réponse qui leur fit espérer un change-ment favorable. Mais un ennemi implacable se dressa contre l’ac-cusé et ceux qui eussent voulu le sauver. Eclairé par sa haine,P. Falk assembla la bourgeoisie et sut provoquer la mise en juge-ment des prévenus. En cas de condamnation à mort, l’exécutiondevait se faire clandestinement et les cadavres être remis aux pa-ïens pour être enterrés aux Cordeliers. Les juges qui violaienttoutes les lois de Injustice, affichèrent un air d’impartialité, enconfondant dans le même arrêt l’Avoyer et un simple concierge
Le 21 février il fut décidé, qu’à raison de la solennité du len-demain (c’était la chaire de St. Pierre 3 ), le jugement ne seraitporté que le 25. En attendant on fit administrer les SS. Sacremcnsaux prévenus et on dit la messe pour eux dans la petite salle duConseil. Ce fut Jean Rollier, prêtre de Saulgy en Vuilly, qui lesconfessa.
Avant de recevoir la communion, d’Arsent protesta n’avoir ja-mais rien fait contre les intérêts de la Communauté et que, s’iln’avait pas révélé le projet de Supersax, c'est qu’il ne croyait pasque Messeigneurs y mettraient une si grande importance.
Au jour fixé pour le jugement, les parons et amis d’Arsent, ap-puyés par plusieurs membres de la diète de Lucerne, firent undernier et inutile e!Tort pour sauver les deux accusés. Seulementl’arrêt fut encore ajourné jusqu’à l’arrivée de la grande députa-
1 Une chronique raconte qu’un bouclier de Fribourg:, nommé Jean de Lyon, queses affaires avaient conduit à Lucerne, y ayant raconte le danger que courait Arscnt,cette nouvelle n'émut que les députations de Lucerne, Uiilerwaldon, ZougctSoleure.— * Diwill sic dcrgleichen Sach umgangcn sind imd wir niclit fur ungliche Kichtcrcrscheincn vvollcn. Man. fol. 63. — 3 Ou plutôt le Vendredi-Saint.