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SECONDE PARTIE.
Les concessions indiscrètes d’indulgences ajoutaient encore audésordre. Dès l’an 1518 on s’était décidé chez nous, après unelongue hésitation, à l’exemple de Berne et de Solcure, à permettrela publication de la fameuse indulgence en faveur de St. Pierrede Rome 1 . Le frère Bernardin Sanson, de la stricte observance,vint à cet effet à Fribourg. Pour éviter tout scandale, Messei-gueurs lui donnèrent 20 écus au nom du Gouvernement et 20 écusencore pour le reste du pays, sans compter les frais d’auberge. Ilne logea pas aux Cordeliers, parce que ceux-ci n’aimaient pasles Observantins. Non-obslant ces précautions, de nombreux etgraves abus furent commis 2 .
On voyait affluer une foule d’aventuriers qui, munis d’un placetde Borne, venaient revendiquer la possession des meilleurs béné-fices ecclésiastiques vacans, avec menace de procès et d’excom-munication, en cas de refus. Ces candidats s’appelaient courtisans,et parmi eux se trouvaient même des soldats du Pape.
Le désordre n’était pas moins grand dans les couvons. Celui« de la Maigrauge surtout se conduisait de manière que nullementne nous est possible, dit le Missival français •*, comme gardiensd’iceluy couvent, de le souffrir ni tolérer. On écrivit à cesujet à l’Abbé de Citcaux, qui envoya un Visiteur. Celui-ci déclaraque la clôture était indispensable et qu’il fallait de toute nécessitééloigner trois sœurs, dont la conduite était la plus irrégulière. Onfit venir l’Abbesse de Bellevaux, à qui l’Abbé de Montéron confiala direction provisoire du couvent. L’ancienne Abbesse, Anne dePraroman, fut destituée par le Visiteur d’office, Anatole de Cour-celles. Mais la clôture définitive ne put être effectuée qu'en 1601.Les religieuses reçurent aussi l’ordre de vendre la petite maison
* A. C. Affaires ccclés. N° 70 .— » i„a patente d'indulgences, octroyée par Sansonà 1'mbcrt l’rarontan et à sa famille, le 11 janvier 15111, s’est conservée aux Ar-chives. Niais il y a beaucoup de fautes de copiste, qui en rendent quelques passagesinintelligibles. — * A. C.