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Nous promîmes aussi à Soleurc et au Valais que jamais nous nechangerions de culte.
Pressé par Berne, Morat n’embrassa la réforme qu’à conditionqu’on aurait égard à la demande éventuelle qui serait faite paronze pères de famille d’y renoncer 1 . Nulle part peut-être la po-pulation des bailliages ne fut plus odieusement tiraillée en sens con-traire. En 1531 l’Avoyer et Conseil de Morat se plaignirent for-mellement à l’Etat de Berne, à l’occasion de quelques paysansd’Ulrnitz que le bailli bernois voulut amender parce qu’ils avaiententendu la messe à Cormondes. Fribourg, par contre, les sou-tenait.
C’était Farci qui avait converti Morat. Quelques habitans s’é-taient adressés directement à Berne pour avoir des prédicateurs.Quand Farel se rendit à Avenches, ils l’escortèrent, crainte queles Fribourgeois ne l’enlevassent. Ce prédicateur s’étant exhalé eninvectives contre Fribourg, nous nous en plaignîmes officielle-ment à Berne. Mais Farel, protégé par cet Etat, parcourut libre-ment la contrée, prêchant alternativement dans toutes les villes,surtout à Orbe , à Neuchâtel et à Granson. Estavaycr le repoussa.
Le 8 mai 1530 on tint à Morat une conférence religieuse, quidemeura sans effet, et deux ans après on y fit le partage des biensd’église. Ils furent restitués aux donateurs ou à leurs descendansjusqu’au troisième degré. Mais nous ne consentîmes point à ce quece mode fût étendu plus tard aux autres bailliages, notre inten-tion étant que les baillis retirassent le produit des amodiations deces biens pour en faire part aux prêtres et aux prédicans.
De Morat, la réforme se répandit dans le voisinage. Allons àMorat entendre les prêcheurs, se disaient les jours de fêtes lesgens d’Avenebes et de Payerue, allons et voyons 2.
1 Comhaz. Manuscrit. Nous avions conseillé aux Moralois île ne pas inquiélorleurs prêtres, au sujet des concubines, pour ne pas les porter au schisme. —* Vulliemin.