Band 
Seconde partie.
Seite
181
JPEG-Download
 

CHAPITRE VI.

181

voulaient entrer en partage de la conquête, les autres ne croyaientpas que l’on pût avec honneur secourir l’hérésie dans Genève. Peus’en fallut qu’on n’en vînt aux mains dans la salle même du Con-seil, tandis que les tamhours_atlendaienl l’ordre de battre et l’ar-tillerie d’être dirigée de l’un ou de l’autre côté i . Le seul partique l’on prit, ce fut de livrer d’abord passage aux Bernois et delaisser les événemens se prononcer 2 . Le Comte de Gruyères atten-dait en frémissant le résultat de la délibération. L’armée bernoisese mit en marche le 22 Janvier. Mais, au lieu de se diriger surPayerne, par Avcnches, elle laissa à gauche la route de Lausanne etde Lucens et prit celle d’Echallens. A leur passage par Domdidier,les soldats brisèrent les fenêtres de l’église, en proférant des me-naces. Alors seulement on fit à Fribourg, au nom de Dieu, unelevée de troupes, et on communiqua aux Bernois la liste suivantedes villes et monastères qui étaient sous notre protection. C’étaientles villes d’Avenches, Bulle, Eslavayer, le comté de Gruyères, lesseigneuries de Cugy, Cheyre, Font, Marnan, St. Aubin, la Roche,Bue, Vaulruz, Vuippens, l'Evêque et le chapitre de Lausanne,le couvent de Payerne, les seigneuries de Rueyres, Grancour etBosey, le prieuré de Komainmolier. On marqua tous ces endroitspar des girouettes portant notre écu. Ilomont, Eslavayer etYver-don se préparèrent à une vigoureuse défense.

Les Bernois ne respectèrent ces recommandations que pour au-tant qu’elles ne contrariaient point leur plan 3 . Ils s’emparèrentde Cudrefin, Grancour et Payerne, sans coup férir. Les députésde Rue et de Moudon vinrent leur offrir la soumission de ces deuxvilles, sauf leurs franchises. Morges se rendit le 28 Janvier.

* Vulliemin. Chronique Monlenarli ad annum 153fi. — a Ibid. — 3 II parait™*!mc par la lettre que JMcsseigncurs écrivirent aux Waldslatten, sous la datedu 17 Âlars, qu’ils s’attendaient à être attaqués par les Bernois, s’ils s’avisaientde vouloir secourir le Comte de. Gruyères, l.es Bernois devaient faire marcher1500 honuuos avec de l’artillerie contre Gruyères, sous prétexte d’attaquer Chilien,tandis qu’uu corps de réserve, d'égale force, nous lieudrait en observation. Alis-sival.