222
SECONDE PARTIE.
sa fille Rose, qui avait épousé le Sire de Vergy, un des pluspuissans et plus riches Seigneurs de la Franche-Comté, avec le-quel Rerne avait conclu un traité de comhourgcoisie. Un traitésemblable nous liait avec Jean et nous ' " daus la lutte de
succession. Rerne et la Savoie s’en mêlèrent aussi, celle-ci commesuzerain , les Bernois comme protecteurs des deux dames U D’unautre côté la majeure partie de la population gruyérienne, surtoutle Gessenay, s’était prononcée pour Montsalvens. Le Duc fut enfinappelé à porter une décision conforme au coutumier de Moudon.Mais il voulait que le congrès des arbitres se tînt à Genève etnous préférions Lausanne. Le fameux Dufour, dont la triste cé-lébrité se rattache si honteusement à l’histoire de Fribourg, fut lenégociateur que le Duc employa dans celte affaire. Fnlin le bâ-tard de Savoie et d’autres commissaires du Duc, réunis à Genèveavec ceux des deux villes, après s’ètrc assurés que les parties se
soumettraient à leur jugement, arrêtèrent l’arrangement suivant:
%
1° La Comtesse douairière aura, pendant sa vie, la jouissancede la seigneurie d’Aubonne, en sus de sa dot et de son angment.2’ Sa fille, dame de Vergy, recevra une pension annuelle de900 llor., payable à Noël sur la seigneurie d’Oron 2 . Après lamort de sa mère, elle entrera en possession des baronnies d’Au-bonne et de la Molière, à la réserve expresse que la premièrepourra être rachetée pour la somme de 30,000 llor. et l’autrepour celle de 4000, par le comte Jean, Seigneur de Monlsal-vens, lequel, en cas de refus, pourra déposer ces sommes entreles mains du bailli de Vaud et s’emparer des dites seigneuries.3° Il y aura amnistie entière pour les officiers de l’un et l’autreparti. 4° Jean, Seigneur de Montsalvens, en sa qualité de légi-time héritier et successeur, descendant par ligne masculine des
1 Elles s'étaient vues forcées d’évacuer en loule lulle In ville d’Auhonuc, d’oùleur compétiteur menaçait de les expulser. 11 avait déjà chassé et hallu un messa-ger de la Comtesse. — 3 I.’atihé (iirard n’est pas d’accord ici avec nos Archives. 9dit que Rose devait recevoir, une fois pour toutes , 15,000 li v . de Savoie.