CHAPITRE IX.
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le passage pour 1500 hommes qui allaient renforcer les Impé-riaux , laissant ainsi leur propre pays ouvert à l’armée du Princede Condé.
Quand Biaise Melian vint remplacer, en Suisse, Bassompierre,en 1635, quelques membres du Conseil allèrent le complimenterà Domdidier. Ce nouvel ambassadeur obtint des Cantons une le-vée de 3500 hommes, pour pacifier les ligues grises. On en formadeux régimens, chacun de huit compagnies de 200 hommes. Unecompagnie était commandée par Jean-Louis d’Affry. Ces deux ré-gimens joignirent l’armée du Duc de Rohan dans la Valteline,contribuèrent beaucoup à ses succès et revinrent en Suisse, aprèsl’accord que le Duc fit avec les Grisons *.
Pendant cette expédition, défense sévère fut faite aux troupessuisses, au service de France, de commettre la moindre hostilitécontre les Impériaux. Le capitaine Roudella écrivait de Vaugirard,près Paris, que l’ordre avait été donné dans le camp de Saarbruck,sous date du 27 juillet 1635, de s’en tenir à la défense du payset de ne pas mettre le pied sur le sol de l’empire, sous peined’être traités comme déserteurs du service du Roi et re-belles , d’être pris et appréhendés pour être leur procèsfait et parfait et eux et leurs compagnies être traitéescomme ennemis et irfracteurs des ordres de S. M.
Une seconde levée de 12,000 hommes ayant été accordée à laFrance, on en forma quatre régimens divisés en dix compagniesde 300 hommes. A la tête de l’un d’eux fut placé François d’Affry,qui, déjà en 1630, avait levé un régiment au service du Roi 2 .Sept compagnies de ce régiment étaient commandées par des ca-pitaines fribourgeois. Ces troupes, bien que mal payées, servirenttrès-bien en Picardie, et, après leur licenciement en 1637, le
1 Chronique Lenzbourg. — s Ce soldai ne pouvait se dépouiller de ses habitudesmilitaires, même en plein Sénat, et il se permit un jour une sortie très-inconve-nante contre Jacques Buinan et le Lanschrvber Antoine Moutenach. A. C.