Band 
Seconde partie.
Seite
339
JPEG-Download
 

CHAPITRE IX.

339

de désarmer ces rois furieux, qui dévastaient la terre, armant lespeuples les uns contre les autres et provoquant leur ruine mutuelle.La guerre devait finir, faute de moyens, et l’Europe haletante, ex-ténuée, s’acheminait péniblement vers l’année 1648 qui devaitenfin lui rendre un repos momentané.

Je dis péniblement, car la pensée de la paix s’était déjà formuléetreize ans auparavant, et notamment en 1640 à la diète de Ratis-honne. L’année suivante on avait désigné Munster et Osnabrückpour y réunir un congrès. Mais cette proposition ne fut accueilliepar toutes les parties intéressées qu’en 1643, et cinq autres annéess’écoulèrent encore avant qu’on pût s’entendre sur tous les points.

Le Pape Urbain VIII avait conseillé une amnistie préalable,comme initiative des négociations. Cette pensée, toute de raison,de bon sens et de justice, si digne d’émaner du Chef de la catho-licité, non-seulement ne surgit point spontanément dans ces têtescouronnées, qui se disaient par la grâce de Dieu les maîtres dumonde, mais, chose incroyable, elle ne fut pas même accueillie 1 .Les hostilités se continuèrent, et il fallut encore d’interminablespourparlers pour régler l’étiquette et formuler les pleins-pouvoirsdes députés.

Dès 1646, Berne avait appelé l'attention des Cantons média-teurs, Bâle, Fribourg, Soleure, Schaffhouse et Appenzell, sur lesprétentions des tribunaux d’empire et les citations en dicte ger-manique" 2 , ainsi que sur l’opportunité de s'associer aux représen-tais des autres puissances au futur congrès, pour surveiller au moinsl’immunité des intérêts fédéraux 3 . A défaut d’ambassade directe,le Duc de Longueville, plénipotentiaire français, se fût volontiers

1 C’était justifier le mot énergique d’Oxcnstiern , quand son fils, qu’il députadepuis au congrès, s’excusait sur sa jeunesse et son incapacité : Allez toujours ,mon fils , dit le grand Chancelier, vous y verrez de près quels piètres personnagesgouvernent l’Europe. Qu'eût dit Oxcnsliern du fameux congrès de Vienne ? —

2 Bâle était encore comprise dans les matricules de l'empire. Toutes les missives

de l’Empereur lui étaient adressées en ces ternies : A nos chers et féaux. — 3 Tillier.