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SECONDE PARTIE.
chargé de celte mission qui eût placé le sort de la Suisse entreles mains de la France. Mais les efforts de M. Caumartin pour l’ob-tenir furent infructueux L La France n’en intervint pas moinsactivement en faveur de la Suisse dans les négociations que leplénipotentiaire fédéral, l’illustre bourgmaître Wettstein de Bàle,entama au congrès avec la députation de l’empire 2 .
Le 6 me article du traité d’Osnabruck non-seulement affranchitBàle et les Cantons des obligations que voulait leur imposer lachambre impériale; il proclama explicitement l’indépendance de 'la Suisse, dont les villes avaient encore pris, durant la guerre de jtrente ans, le titre de villes d’empire, et arboré l’aigle germanique 3 .
La Suisse se sentit heureuse d’échapper à la menace toujours jsuspendue sur sa tète et salua avec une naïve allégresse ses nou-velles destinées, sans se douter encore de tout ce qu’elles pou-vaient cacher de tempêtes. Peuplée de races fortes et intrépides,placée aux sommités culminantes de l’Europe, arrosée par degrands lleuves, défendue par des montagnes et des abîmes, elleavait reçu de la nature une position inexpugnable, qui l’appelait sinon à dominer ses voisins, du moins à les tenir en respect. Aussifut-elle longtemps l’arbitre des monarchies européennes, et, dansleurs luttes sanglantes, la victoire s’était toujours déclarée pourcelle qui avait su mettre dans le plateau sa pesante épée. Si, dans jses jours de gloire et de conquête, elle avait su agrandir son ter-ritoire, si elle s’était agrégé au nord la Souabc inférieure, àl’ouest la Franche-Comté, qui, toutes les deux, lui tendaient desbras supplians; si, au lieu de les restituer à la Savoie, Berneavait su garder les districts qu’elle avait conquis, la Suisse quitouchait déjà aux portes de la Lombardie eût traité de pair avec les
4 Tillicr. — 2 On aura peine à croire que cet habile diplomate ne fut pas mêmeentièrement défrayé par les Cantons do la Suisse pour celto mission importante, etque Fribourg enlr’autres refusa positivement d’y contribuer. Le Fribourgeois Zur-tannen, alias Dupré, parait s’dlrc trouvé alors à Miinster au service do Bavière,mais sans caractère officiel. — 3 Tillicr.