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Seconde partie.
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CIJAPITKE IX. 341

membres du congrès, au lieu d’en subir les lois : mais le pres-tige des temps antiques avait disparu avec leurs vertus.

Les rois comprirent que leur division d’un côté, notre union del’autre, avaient toujours fait notre principale force. Ils se ravi-sèrent, se comptèrent, se liguèrent à leur tour, et, se rapprochantpour la première fois par le traité de Westphalie, ils jetèrent unregard dédaigneux sur ces ligues, dont ils n’avaient plus besoin.Ils sentirent qu’ils n’avaient plus rien à redouter d’une nation acé-phale , sans impulsion dominante et où le défaut de cohésion desparties avec le tout ne permettrait jamais une résistance sérieuse.Ils l’eussent même d’ors et déjà partagée, comme ils firent plustard de la Pologne , si un partage avait été possible. En attendantun moment plus propice, ils lui laissèrent une nationalité impuis-sante, sans unité, et dont le rôle devait être éternellement sub-alterne. Ils placèrent d’ailleurs au pied des Alpes un double épou-vantail, le blocus hermétique et l’invasion, chargés de réprimeret punir tout élan indiscret. La Suisse subit pour la première foisdepuis la journée de Morgarten, et plus passivement qu’elle n’eûtdû, cette dictature monarchique, renforcée depuis par un sou-verain du Nord , et que nous devions voir de nos jours se formulerpar d’odieux et sacrilèges attentats contre la liberté de tous lespeuples. Elle ne réfléchit pas que les Puissances, signataires dutraité, pourraient un jour fouler aux pieds leur propre ouvrage, augré des intérêts du moment, et qu’en leur donnant le droit de fixerses destinées, elle acceptait une suzeraineté plus oppressive quetoutes les précédentes.

Depuis lors, le peuple des montagnes, qui, au lieu d’émanciperceux de la plaine par son exemple et ses armes, avait préférévendre ses bras aux despotes et les aider, pour un vil or, à étoufferchez eux la liberté qu’il avait conquise, ce peuple, dis-je, frappépar l’inflexible mais juste Némésis, se trouva à son tour double-ment asservi, à l’intérieur par une olygarchie puissante, au dehors