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Troisième partie.
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CHAPITRE II.

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toutes les mesures de l’autorité et à justifier tous les griefs dupeuple. Le désordre dans les finances, la licence des mœurs, laconfusion occasionnée par de longues guerres, exigeaient l’emploide moyens rigoureux et des réformes qui blessaient les intérêts,sans que les classes inférieures en comprissent soit l’utilité , soit lanécessité. Toute tentative de réforme était envisagée par ellescomme un essai d’oppression. La faute en était le plus souvent auxautorités qui n’y apportaient ni tact, ni mesure, et blessaient sansménagements des préjugés enracinés. Il en résulta un malaise gé-néral, triste avant-coureur de la ruine du principe démocratique.

Ce fut l’Entlibuch qui donna le signal de l’explosion. Ce districtdéputa à Lucerne, dans le mois de Janvier 1653, le grave et digneJean Emmenegger, pour y faire des représentations qui furent malaccueillies, surtout par Melchior Krebsinger, gâté par le métierdes armes, qu’il avait longtemps exercé. Il menaça de faire oc-cuper l’Entlibuch par des troupes romandes, qu’il appela invul-nérables ni par la balle, ni par l’épée. « Il faut donc les assommer »dirent les paysans, et, en peu de temps, 800 hommes se trouvèrentarmés de gourdins et de massues garnies de pointes de fer.

Trois huissiers survenus pour poursuivre quelques débiteursfurent éconduits ignominieusement du district. Une grande réunionpopulaire de 7 paroisses eut lieu à Hasli. Tous les hommes quiavaient accompli leur 18° année y assistèrent. Là fut lu et approuvéun exposé des griefs de l’Enllibuch. On résolut de le présenter augouvernement, avec la déclaration qu’on ne serait satisfait quelorsqu’il y aurait été fait droit; toute l’assemblée s’engagea parserment à soutenir cette résolution contre toute puissance armée,notamment contre les invulnérables romands. Presque tous lesautres districts y adhérèrent successivement i . Les chefs eurent lebon esprit d’intéresser le clergé à la cause populaire.

1 L’Enllihuch avait clé cédé à la ville de Lucerne par Frédéric d’Anfriche * en1405, pour la somme de 3000 Cl. d’or , mais sous la garantie de plusieurs privilèges.Le distiirl avait un sceau particulier, qui servit à sceller les actes de l’insurrection.