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TROISIÈME PARTIE.
grés allemands que la guerre avait chassés de leurs foyers. Bâleseul en accueillit 5000. Leur présence fil hausser considérable-ment le prix des denrées. Le peuple se plaignit de la cherté desvivres. La monnaie de billon perdait en même temps de sa valeurpar l’introduction frauduleuse dans le pays d’une énorme quantité tde ce numéraire par des faux monnayeurs italiens. L’écu-neuf sepayait jusqu’à 50 batz.
Le mal ne fit que s’aggraver par l’inintelligente multiplicité despéages, qui gênaient partout l’industrie, par les restrictions ap-portées en France au commerce suisse, par la suppression despensions militaires et surtout par la rareté du numéraire.
La traite foraine, dont le fisc recherchait les profits, tournait enréalité au détriment du peuple, parce que les étrangers tâchaientde se récupérer sur les marchandises.
On voyait aussi de mauvais œil que le gouvernement se fût ar-rogé le monopole du sel et de la poudre. Les mécontents firent *courir le bruit qu’il levait un impôt pour opprimer le peuple aumoyen de troupes étrangères.
Ën face de cette misère, la classe aisée étalait un luxe d’au-tant plus mal placé, que .toutes les étoiles et objets de parure se ti-raient du dehors.
Les rigueurs exercées dans la répression des délits, dans lespoursuites judiciaires , mais surtout la dépréciation forcée desbâches 1 mirent le comble au mécontentement public et remuèrentla société suisse jusque dans ses plus tumultueuses profondeurs.
Il y aurait toutefois peu de justice à blâmer indistinctement
* Fribourg ne s’y prêta qu'avec une extrême répugnance. La circulaire aux bail-lis, du 18 Février 1653, s’exprime ainsi : La singulière affection que nous avonscontinuellement apportée au bien et conservation de nos subjets a esté la cause quenous avons bien travaillé tant auprès de nos confrères de Berne et Soleure que enl’assemblée générale des cantons à Baden en intention de conserver les bâches dansleur prix et valeur de 4 sols. A. C.