CHAPITRE IX.
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ville, inspecteur général des dragons, qui était venu avec eux pourson plaisir, fut fort mécontent de ce qu’on les avait fait attendre silongtemps à la porte. Mr. Landerset offrit les chevaux du fermierde l’hôpital pour doubler ceux des canons et des charriots; ils nofurent pas acceptés. Lorsque les Bernois montèrent la Grand’fon-taine, tout le monde se mit aux fenêtres, il était déjà 10 heurespresque quand ils furent rendus sur la place. Une partie fut logéeaux Cordeliers.
La grand’garde se composa le lendemain de quarante-quatrehommes, dont la moitié de la garde de Berne et l’autre moitié desanciennes terres. C’était Mr.Diesbach qui la commandait. Il y avaitun sergent bernois, un fribourgeois, deux caporaux bernois etdeux fribourgeois. II ne leur était pas permis de quitter leur postesans permission, ni de laisser approcher aucun individu armé,et deux hommes intelligents devaient se tenir prêts à porter desmessages. Cette troupe alla relever Mr. Reynold, ancien baillide Montagny, qui avait une garde fribourgeoise. Ce même jour,arriva Mr. le trésorier Ryss, le représentant de Soleure. Dés lematin, Morat avait envoyé cent hommes, qui furent suivis pard’autres volontaires.
Sur ces entrefaites, Chenaux s’était replié, avec sa troupe, surAvry, à 3 lieues de la capitale, où Castella venait de rédiger lalettre suivante qu’il lut au peuple du haut de l’escalier du cabaret.
« A S. E. Monseigneur l’avoyer régnant et à nos SouverainsSeigneurs et Supérieurs de la ville et canton de Fribourg. »
» Souverains Seigneurs et Supérieurs ! »
» Le peuple désire de vous faire des représentations au sujetdes fêtes et processions et de quelques nouveautés qu’on croit in-troduites contre les anciens droits, et, à défaut de contentement, depouvoir en demander la décision d’un tribunal neutre, tel que leslouables treize cantons. »