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Troisième partie.
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TROISIÈME PARTIE.

On a vraiment de la peine à le croire. En présence et sous les yeuxd’un peuple qui attendait et réclamait des réformes sérieuses, enprésence d’une génération qui, pleine de jeunesse et d’ardeur,impatiente du joug et lasse du passé, dévorait en quelque sortel’avenir par toutes ses aspirations, au lieu de tenir compte de cettegrave position et d’interpréter sensément ces lueurs sinistres quiannonçaient , par intervalles , une révolution imminente , leshommes, qui dirigeaient les affaires publiques, perdaient le tempsen niaises questions d’étiquette ! Mais c’est ainsi que la Provi-dence aveugle les méchants sur le bord de l’abîme qu’ils secreusent. Peut-on ne pas se dérider au ridicule spectacle de cesprétentions ennemies, qui se disputent si plaisamment l’avenirdans le somnambulisme du passé? Ne dirait-on pas deux mortsse querellant pour savoir au profit de qui s’ouvrira la successiond’un vivant ? En effet, la noblesse et le patricial moururent encoreavant la fin du siècle, tandis que la démocratie, cette fille im-mortelle, s’échappa encore une fois de sa tombe, plus jeune etplus vivace que jamais.

L’opinion publique, dans les Etats où elle pouvait se former,n’était pas favorable , tant s’en faut, au gouvernement de Fribourg.

Dans la séance de mardi 17, Werro fit lire en Petit Conseil unarticle d’une gazette de Hollande, portant la date de Morat, oùl’on parlait, avec le dernier mépris, delà tyrannie des baillis, dela hauteur et de la dureté de l’avoyer Werro, etc. Il demandaqu’on écrivît aux Etats de Hollande pour avoir satisfaction du ga-zetier. Montenach fut chargé de rédiger cette lettre. Le gouverne-ment hollandais exprima les regrets que lui causait cette indiscré-tion, pour laquelle il interdit le gazetier pour six semaines, en lecontraignant de se rétracter. Il envoya pour preuve la feuille con-tenant la rétractation.

Le conflit des deux castes fut appaisé après de longs pourparlers.