Band 
Troisième partie.
Seite
311
JPEG-Download
 

CHAPITRE IX. 3 J l

Dès lors, appuyées par la conférence, elles purent agir en com-mun contre la bourgeoisie.

Celle-ci avait tenu une seconde assemblée générale , le diman-che 17 Février 1782, mais partagée en deux sections, c’est-à-direle Bourg et les Places à l’abbaye des Marchands , l’Auge et la Neu-veville à celle des Tailleurs. Les bourgeois y avaient invité leursbannerets, les prévenant, qu’au besoin, ils se réuniraient sans eux.Quand Folly, le perruquier Galley, François Girard et Chassotvinrentprendre connaissance de la décision des bannerets, ceux-ci, quiavaient consulté î’avoyer Werro, répondirent que l’assemblée nepouvait avoir lieu, vu l’indisposition du banneret Bourgknecht (cequi, par parenthèse, ne l’empêcha pas d’assister à la messe ce jour-là) i . La bourgeoisie ne crut pas devoir tenir compte de cet obstaclefictif. Ni l’éloquence de Gottrau, aux Merciers , où il se trouvaseul, ni la présence de Muller et Week, aux Tailleurs, ne purentempêcher les résolutions suivantes, prises là, à la majorité de 80voix contre 27, ici, de 140 contre 11:1° On insistera sur la pro-duction des litres réclamés. 2° On protestera contre l’établissementde la garnison et contre la défense de s’assembler avec les bour-geois forains. Chaque bannière nomma quatre procureurs et quatreadjoints, pour agir en son nom, avec promesse de les garantir decorps et de biens. Le médecin Dubourg voulut en vain déclinercette mission : elle lui fut imposée. Il en fut de même de Hochstæt-tler. Découvrant sa poitrine, Zumwald, le médecin, promit de ledéfendre au péril de sa vie.

Les 24 paroisses firent également leurs représentations. L’op-position, comme on voit, devenait sérieuse. Le gouvernement crutdevoir recourir aux bons offices de Berne, Lucerne et Soleure. Ily eut même une opinion, qui voulait aviser les 12 cantons, leValais et les ambassadeurs.

Sur ces entrefaites, mourut le général Boccard, et son enterre-

1 Mémoires de Diesbach.