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Troisième partie.
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CHAPITRE X,

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Ce choc, ce fut la grande révolution française de 1789 qui ledonna. Déjà les troupes suisses, au service de France, s’étaientimprégnées de son esprit. Le régiment d’Ernst fut le premier àréclamer une répartition plus libérale des grades militaires. Lesdistricts contigus à la Frauce se sentirent également électrisés, etl’aristocratie berno-fribourgeoise chercha inutilement à conjurerl’orage, tantôt par des menaces et des condamnations, tantôt pardes concessions tardives.

Depuis la première émigration française, la Suisse et spéciale-ment le canton de Fribourg, où les attiraient l’identité de culte etde langue et d’anciennes relations, étaient inondés de réfugiésfrançais. Bien qu’en général hostiles à la révolution, ils ne lais-sèrent pas de semer dans le pays de nouvelles idées et de prêtermatière à des réflexions sérieuses. Quelques prélats et abbés émi-grés compromettaient surtout gravement l’autorité religieuse par uneconduite peu exemplaire. Vers la fin de 1795, la ville de Fribourgcomptait dans ses murs 858 prêtres et 356 laïques. Il s’en étaitaussi répandu dans la campagne, et on ne sut jamais le nombreexact de ceux qui se cachaient dans les deux chartreuses de laValsainte et de la Part-Dieu. La nombreuse domesticité de cetteémigration n’en partageait pas toujours la politique et faisait mêmeune sourde propagande. Déjà, sous date du 26 Mars 1790, le Pe-tit Conseil avait décidé que nulle famille, émigrée de France, nepourrait séjourner à la campagne, de crainte que leurs domes-tiques ne communiquassent les nouvelles idées aux ressortissants 1 .

Les 'patriotes exilés de Genève et Fribourg avaient emporté

nant de Vienne, avec le médecin Bochud, passa par Hanau, il y trouva Bâcher, enqualité de commissaire de la république , lequel, en visant le passeport de Chappuis,se rappela avoir connu son père, à Fribourg.

1 Manual. Il fallut nommer une commission des étrangers , composée de huitmembres, et chargée de régulariser et distribuer les cartouches de tolérance. Celles-ci contenaient le nom, le lieu , l’arrivée et le domicile de l’impétrant. Elles de-vaient être exhibées au maître de la maison et, sur requête, à chaque membre do lacommission.