336
TROISIÈME PARTIE.
avec eux l’espoir d’une revanche et des ressentiments implacables.Le plus grand nombre d’entr’eux, réfugiés à Paris, y avaient établile centre de leurs opérations, tendant à révolutionner la Suisse. Ilsavaient formé une assemblée de patriotes suisses , présidée parl’avocat Castella et comptant, dès 1790, plus de 300 membres depresque tous les cantons, mais en majorité fribourgeois, entr’autresl'avocat Rey et son fils Louis, le physicien Kolly et son fils, Che-naux, fils, etc.
Ce club actif tenait ses séances rue du Regard, maison Roulier,3 fois par semaine, savoir 2 fois le dimanche, à 7 heures du ma-tin et à 5 heures du soir, et la 3 ,n ° le jeudi, à 7 heures du malin.Il fonda un journal intitulé : Correspondance générale helvé-tique. Le registre de ses délibérations, conservé par les soins dela famille Castella, commence le 6 Juin 1790 et cesse le mercredi3 Août 1791.
Le premier objet, dont s’occupa le club helvétique, fut l’affran-chissement des deux Fribourgeois condamnés, en 1781, aux ga-lères de Brest.
L’assemblée nationale décréta : 1° qu’à l’avenir nulle personne,condamnée par les tribunaux étrangers, ne serait plus reçue auxgalères de France ; 2° que son président se retirera par devers leroi pour le supplier de donner des ordres, pour que les nommés Sudanet Huguenot, fribourgeois, actuellement détenus à Brest, soient misen liberté dans la huitaine, à dater du jour de la sanction du dé-cret; 3° que S. M. sera également suppliée de faire connaître lesdispositions de ce décret aux puissances, dont les sujets sont ac-tuellement détenus aux galères de France.
Ce décret fut communiqué à LL. EE. de Fribourg par le gé-néral d’Affry et autres capitaines fribourgeois, ainsi que par deuxanonymes L
1 Manual du 31 Mai 1790.