CHAPITRE X.
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rantie assurée au pays de Vaud, par la France, en 1565, par letraité de Lausanne. Le Directoire y donna suite, en prenant soussa protection tous les Vaudois, qui la requerraient. D’un autre côté,les troupes françaises se rapprochaient partout de la frontière. Auto-risées, par le traité de Campo-Formio, à prendre possession del’évêché de Bâle, elles cernaient Berne, de ce côté. De l’autre, lepays de Vaud commençait l’insurrection, et déjà la garde civiquede Vevey s’était emparée du château de Chillon. Le général Mé-nard était aux portes de la Suisse française, à la tête de 15,000hommes.
Les troupes bernoises furent obligées d’évacuer le pays de Vaud,qui se trouva ainsi affranchi, après 262 ans de domination ber-noise. Sommé par le général Rampon d’évacuer aussi le bailliagede Morat, le général d’Eriach répondit que ce n’était pas à Moratqu’un Suisse pourrait avoir l’idée de manquer à son devoir i . Cesparoles eussent été belles dans la bouche d’un démocrate, mais,dans celle d’Eriach, elles n’étaient que ridicules. Ni ce chef, niceux qu’il servait , ne purent arrêter l’essor révolutionnaire.L’arbre de la liberté fut planté successivement dans le pays deVaud, dans le Toggenbourg, à Lucerne, à Soleure et jusquesous les fenêtres du palais où siégeait l’impuissante et dernièrediète d’Aarau 2 .
Dans le canton de Fribourg, il n’y avait encore qu’une sourderumeur dans la Gruyère et dans la Broyé. Mais le gouvernementpartageait toutes les terreurs de celui de Berne, et ce vieillard dé-bile et décrépit essaya aussi des mesures de défense. Il leva un ba-taillon de 800 hommes du pays allemand et 400 du Schwarzen-bourg, appelé à couvrir l’aile gauche de la division d’Eriach,dont l’armée fut encore renforcée par des détachements d’autrescantons 3 . Ces défenseurs de l’ancien système avaient été fanatisésau plus haut degré et ne voulaient pas se borner à la défensive.
1 Tillier. — 2 Ibid. — s Ibid.