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TROISIEME PARTIE.
celui de citoyen, dut paraître bien étrange à ces patriciens ambi-tieux, qui, naguéres encore, faisaient de leurs titulaires une af-faire d’Etat i.
Impuissants à comprimer la révolution , les réactionnaires par-vinrent à la jeter dans un déplorable vertige, à la pousser danstous les excès, à lui donner un aspect sanglant, et tel qu’il pût ef-frayer les peuples et les ramener à l’absolutisme, tandis qu’ils seposaient eux, comme aujourd’hui, en défenseurs de l’ordre, de lareligion et de la propriété.
Mais cette tactique ne réussit qu’à demi. Le Porrentrui s’incor-pora à la grande république. Des mouvements insurrectionnelseurent lieu presque simultanément dans la principauté de St. Gall,à Stâfa et à Sargans. La Valteline s’affranchit du joug des troisligues, le pays de St. Gall suivit cet exemple (1796), et, l’annéesuivante, Bâle proclama l’égalité des droits. Rien ne put alors ar-rêter le mouvement général.
Mais le patriciat ne voulut pas succomber sans jouer de son reste.Un vague espoir dans la coalition et l’appui des rois le soutenaient.Il avait à sa tête l’avoyer bernois Steiger, résolu de n’abdiquer quepar la force. Tillier trouve que le courage de ce magistrat eût ho-noré non seulement la Suisse primitive, mais encore les beauxtemps de la république romaine. Pour nous, nous ne voyons danscette individualité, fortement prononcée, qu’une personnificationde l’ambition aristocratique et de l’orgueil de caste. Pouvait-ils’imaginer de bonne foi que le peuple se lèverait en masse pourdéfendre les bourreaux de Leuenberg, de Davel, de Heinzi et deChenaux contre ceux qui s’annoncaient comme leurs vengeurs?
Vers la fin de Novembre 1797, le club helvétique fil remettre,par la Harpe, au Directoire français une requête invoquant la ga-
1 Depuis lors, toutes les lettres adressées à l’ambassadeur, même celles quiétaient écrites en allemand, portaient en tête ces mots français : Citoyen ambassa-deur.