CIIAPITUE X.
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Je gouvernement croyait pouvoir l’amuser encore une fois par desespérances illusoires. H croyait n’avoir à faire qu’à un mineur,à qui il voulait bien permettre de formuler des vœux, sauf à lesexaucer comme bon lui plairait. Mais le mineur avait pris subite-ment les proportions formidables d’un géant et le ton d’un éman-cipé, qui a la conviction de ses droits et de sa puissance. Cettecréation inattendue d’un Comité central provisoire et la demanded’un arbre de liberté étaient deux indices, avant-coureurs d’un grandchangement et qui eussent dû ouvrir les yeux à l’aristocratie.Comment ! vouloir planter un arbre de liberté dans une cité as-servie depuis trois siècles, sous les yeux des assassins de Chenaux,près du barbare et sanglant poteau, qui portait sa tète et qui sub-sistait encore ! Mais quels changements s’étaient donc opérés dansl’air depuis 17 ans? Qu’est-ce qui avait retrempé les courages?
Nous l’avons vu ; cette même liberté que des baïonnettes étran-gères avaient refoulée de la capitale, d’autres baïonnettes étran-gères devaient l’y ramener et prouver encore une fois que pas plusen politique qu’en morale, rien n’est oublié par la vengeresse Né-mésis.
D’autres prodiges vont éclore encore. Nous allons voir l’aris-tocratie prononcer elle-même sa propre déchéance et proclamerl’égalité des droits.
Il résultait du rapport des bannerels que la création du Comitéet son arrêté n’avaient été considérés par les commis que commedes mesures impérieusement commandées par les circonstancespour garantir la tranquillité publique. Nonobstant, le Petit Conseilsanctionna la réponse de l’avoyer et interdit le port de toute autrecocarde que celle de l’Etat L
Cependant Estavayer et le bailliage médiat de Granson avaientété entraînés dans le mouvement, et chaque jour apportait la nou-velle d’une défection. Le bailliage d’Echarlens, ceux de Surpierre,
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