Band 
Troisième partie.
Seite
365
JPEG-Download
 

CIIAPITI5E XI.

365

Plus tard, le premier fut surmonté d’un chapeau et décoré detrois écussons sur lesquels étaient peints les mots : liberté , éga-lité, justice.

La plantation se fit au son de la musique militaire, la garnisonsous les armes et en présence de quatre députés du gouvernement :Fontaine, Gachoud, Loltaz, Zurkinden, notaire.

On planta aussi des arbres de liberté à Ueberstorf et Heitenried.

L’enthousiasme était grand, mais les embarras du momentétaient plus grands encore. Des dépenses de tout genre, une gar-nison exigeante et passablement vexatoire, des contributions énor-mes, les pauvres sans bois et sans pain , la campagne sans défenseet livrée au pillage, des réquisitions écrasantes en vivres, char-rois et chevaux, un peuple démoralisé, sans dévoùment, ni patrio-tisme, les caisses publiques épuisées, toutes les fortunes particu-lières gravement atteintes, partout le mécontentement, la haine oula terreur, un conquérant impitoyable, les fonctionnaires désertantleurs postes, chacun n’écoutant que son égoïsme ou la peur, lespopulations frémissantes, attendant avec anxiété un terme à cetriste état de choses et le bon côté d’une révolution qui balayait,avec tant de puissance, les vestiges du passé, tel était le tableausaisissant que présentait le canton de Fribourg.

De sinistres rumeurs circulaient sur la suite des opérations mi-litaires. Laupen pris d’assaut, la garnison passée au fil de l’épée,Neueneck emporté, après une énergique résistance, les troupesbernoises vaincues, décimées, refoulées dans Berne, puis reve-nant à la charge, après avoir reçu des renforts; Berne livrée à laplus épouvantable anarchie, les troupes démoralisées n’obéissantplus à leurs chefs, les menaçant même; les colonels Bihiner etStetller tués par elles, les auxiliaires des petits cantons lâchant

célébré à cette occasion. Le citoyen Gressct épousa une Française, qui servaitcomme sous-officièr dans t’armée. Les deux époux se bornèrent à faire le tour del’arbre de la liberté , puis quittèrent le paj’s.